présentation

La littérature n'a pas d'autre destination ni d'autre destin que d'appartenir à toute l'humanité. Ben Okri.
Affichage des articles dont le libellé est SCIENCE-FICTION. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est SCIENCE-FICTION. Afficher tous les articles

mardi 13 décembre 2011

LE HAUT-LIEU et autres espaces inhabitables, Serge Lehman



Résumé Éditeur :


Un grand appartement oublié de l'île Saint-Louis dont les portes et les pièces disparaissent les unes après les autres...
Un bureau secret du ministère de l'Intérieur chargé d'explorer la banlieue parisienne pour y trouver les preuves de l'existence de Dieu...
Une entreprise géante qui fait surveiller ses employés par des espions semi-invisibles...
Une ville construite à partir d'oeuvres d'art franco-allemandes et menacée par l'intrusion d'un monstre appelé "le Charbonnier"...

Six histoires étranges, drôles, tragiques, métaphysiques. Six plongées dans l'abîme pour découvrir ce qui se cache de l'autre côté de la réalité. A mi-chemin entre Jules Verne et Jorge Luis Borges : bienvenue dans le monde de Serge Lehman.


Mon avis :

Ce livre se compose de six nouvelles différentes de par le style, le genre et la taille. Il permet de découvrir le monde de Serge Lehman dans sa globalité. Le point central de ses nouvelles est l'étrangeté.
Même si toutes ses histoires sont bien écrites, elles ne m'ont pas toutes intéressées. Certaines sont trop courtes, d'autres trop étranges mais dans l'ensemble elles ont su titiller ma curiosité de novice de la science-fiction.


La première histoire, Le Haut-lieu ( celle qui donne le titre de cet ouvrage ), est la plus prenante. Sa longueur et son contenu permettent au lecteur d'entrer dans un univers aux frontières du fantastique. Cet appartement en apparence très chic et coquet est en fait un gigantesque piège. L'angoisse et la peur va prendre doucement le lecteur et lui offrir un moment d'inquiétude savoureux. Cette histoire fait un peu penser à la série "La quatrième dimension".

La seconde, Le gouffre aux chimères, m'a laissée perplexe. Le thème aurait pu donner lieu à une histoire complètement délirante mais j'ai trouvé que le fond manquait de matière. On survole un épisode mais on n'entre pas entièrement dans une histoire. Bref c'est pas très clair !

La troisième, La chasse aux ombres molles, est la plus courte des histoires. Quel dommage ! "Des espions semi-invisibles surveillant tous les employés d'une gigantesque société" ouvrait une porte sur un petit thriller futuriste. Je suis restée sur ma faim car il ne se passe quasiment rien : explication du sujet puis mot de la fin...C'est trop peu. J'aurais aimé un peu plus de développement, d'action.

Là, j'ai un peu dérapé et je n'ai pas tout compris :

La quatrième, Superscience, dépeint une ville construite à l'image des oeuvres d'art franco-allemandes. Jusque là pas trop de problème. Il est question ensuite d'une espèce de monstre ( née de la conscience du personnage principal, si j'ai bien suivi. C'est pas sûr ! ) qui fait je ne sais pas quoi ??? Bref, j'ai tenté de relire certains passages, espérant y comprendre quelque chose mais rien à faire, j'ai pas compris !

La cinquième, Origami, a été aussitôt lue, aussitôt oubliée !!! On ne sait pas du tout où l'auteur veut en venir.

Et, cerise sur le gâteau, mon cerveau s'est complètement retourné...

La sixième, La régulation de Richard Mars, s'apparenterait volontiers à un conte philosophique à la sauce Science-fiction. On se retrouve dans un monde parallèle où notre personnage principal devient Dieu. Il n'est plus fait de chair et de sang, il est le cosmos. S'ensuit toute une réflexion sur qui est Dieu et à quoi sert-il ?
Étant aussi longue que la première nouvelle de ce recueil, elle permet à l'auteur de développer son sujet et d'intéresser plus en profondeur le lecteur. Même si nous entrons dans de la pure Science-fiction, ambiance et termes spécifiques à ce genre, il est possible de puiser l'essentiel du texte et de se sentir happé dans ce monde d'une étrangeté cosmique !


Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables ne m'a pas transcendée mais a éveillé ma curiosité. Le monde de la science-fiction est fait de multiples ramifications où chacun peut trouver son bonheur. Ce genre de recueil permet au lecteur de découvrir un auteur et aussi de découvrir son univers dans son ensemble, le bon et le moins bon.

Je remercie les Editions Folio/SF et Livraddict pour ce partenariat.



Le haut-lieu : Et autres espaces inhabitables
Critiques et infos sur Babelio.com

samedi 10 décembre 2011

FAHRENHEIT 451, Ray Bradbury




Résumé Éditeur :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Le pompier Montag se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.



Mon avis :

Fahrenheit 451 est considéré aujourd'hui comme un classique de la science fiction. Pourtant ce roman m'a laissé un sentiment de vide et d'incompréhension. Attendant un moment fort, vu la notoriété de Ray Bradbury, c'est avec avidité que je me suis lancée dans cette aventure. Et là, la douche froide. Dès les premières phrases, l'écriture et le style me dérangent. Très froid,  trop plat, voire impersonnel. Les mots s'alignent, se suivent sur les pages, mais ne m'atteignent pas. Même plus, ils finissent par m'agacer.
Le thème abordé est pourtant très intéressant. Que serait la vie dans une société privée de sa culture et de sa littérature ? Cette société future inventée et décrite par Ray Bradbury fait peur car elle n'est aujourd'hui pas très éloignée de notre société actuelle. La recherche effrénée des plaisirs futiles et immédiats, le besoin de consommer rapidement et sans trop de réflexion...on y est presque ! Ce contexte aurait dû me passionner, m'indigner, me mettre dans tous mes états. Pas du tout, je suis restée un spectateur passif, au bord de l'ennui.
Montag m'est apparu pathétique et banal. Son monde, ses pensées m'ont laisser un goût amer. Bref, il m'a agacée au plus au point !
Je suis déçue d'être passer à côté de l'enthousiasme des nombreux lecteurs qui ont encensé ce roman.
En bref, j'ai vu, l'ai lu mais je ne suis pas convaincue ! Désolée....

Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune. Retrouvez les avis des autres lecteurs : Kactusss, Aaliz, Tchae, InkofmyLife, Mack, Namira, Blackwolf, Angelebb, Nane42, StupidGRIN, Marmotte, Karya, Stephy21, adorelire9, Luna, Bavardelik, Sollyne, Livraison, Toons, Mayella, Chtitepuce, Felina.











Fahrenheit 451
Critiques et infos sur Babelio.com

mardi 20 septembre 2011

LA PLANETE DES SINGES, Pierre Boulle



Résumé Éditeur :

Au XXXe millénaire, un couple, Jinn et Phyllis, parcourent le cosmos. Lors d'un voyage, ils aperçoivent une... bouteille dérivant dans l'espace. Elle contient le manuscrit d'un explorateur qui a découvert une planète dont les singes sont l'espèce dominante et où les êtres humains sont chassés comme du gibier et réduits à l'état d'animaux de laboratoires. Paradoxe que Boulle exploite tout au long du récit, à la manière d'un conte philosophique, pour observer les travers de nos sociétés.


Mon avis :

La planète des singes de Pierre Boulle est le point de départ d'une saga cinématographique très célèbre. Le dernier en date est d'ailleurs sorti il y a peu au cinéma. Alors comment passer à côté du roman d'anticipation qui l'a inspirée.
Connaître la véritable histoire de cette planète qui à l'inverse de la Terre est dirigée par des singes. Ils sont la race dite supérieure, l'homme est relégué au rang de simple gibier, un animal en somme. Lorsqu'Ulysse, journaliste parti pour une expédition interstellaire, arrive sur cette planète, il découvre avec effroi le sort des hommes. Il est surtout déstabilisé par la vision de singes se comportant presque comme des humains. Pour lui, être intelligent et raisonné, cette situation est absurde et impossible. Comment des singes peuvent diriger un monde et les hommes n'être que des animaux. C'est inconcevable pour son esprit de terrien. Il tente d'abord naturellement de communiquer avec les Hommes mais il se rend vite compte qu'ils sont primaires et dénués de raison. Il va donc essayer de se faire reconnaître par les singes. Leur prouver qu'il est d'ailleurs et que de là où il vient, les humains parlent et ont une conscience très développée.
Pierre Boulle nous offre une vision en négatoscope de notre société. Nos comportements, notre sentiment de supériorité, nos règles et notre façon de vivre...Il les attribue à une race, qui dans nos esprits est inférieure à nous. Face à cette situation, il met un homme qui vit de cette façon et lui fait peu à peu prendre conscience des erreurs que commettent ses semblables. C'est drôle de se voir au travers d'autres et de se dire que leur façon d'agir est mauvaise alors que nous ne faisons pas mieux. L' Homme face à lui-même.
L'auteur décortique soigneusement les comportements humains et les façonne à la mode simienne. Ulysse découvre donc une société faite de castes : les chimpanzés, les gorilles et les orang-outans. Chaque espèce a un rôle prédéfini, et doit s'y tenir. Ils sont très portés sur la science et le besoin de connaitre leurs origines. Pour leurs expériences, ils utilisent bien évidemment les hominidés. Tiens tiens, ça me rappelle étrangement quelque chose ! Pas vous ?
Ils marchent comme les hommes, ils parlent comme les hommes, ils s'amusent comme les hommes...pourquoi ? Peut-être y a-t-il une explication logique à tout ceci.

Bref, ce livre est un roman d'anticipation, mais aussi un conte philosophique. L'auteur dépeint un futur qui n'est autre qu'une représentation de notre société et de ses travers. Il bouscule le lecteur humain que nous sommes en mettant à notre place notre plus proche cousin, le singe. Il nous met face à nos erreurs et notre bêtise pour nous confronter à notre réalité : notre plus gros défaut, croire que nous sommes supérieurs et invincibles.
Si notre fin était programmée ? Serait-ce notre faute ou la juste suite de l'évolution ?

Je pense sincèrement que ce roman devrait être au programme des lectures scolaires. Il est très bien écrit, divertissant mais surtout très enrichissant. il donne matière à réflexion et mérite vraiment d'être étudié en profondeur. Il apporte beaucoup de réponses sur l'humanité et sur notre société.




La Planète des singes
Critiques et infos sur Babelio.com

vendredi 15 juillet 2011

QU'A-ELLE VU, LA FEMME DE LOTH ?, Ioànna Bourazopoùlou




Résumé Editeur :

Un cataclysme a englouti l'Europe du Sud et le Proche-Orient, et Paris est devenu un port méditerranéen.
Du côté de la Mer Morte, frappée à nouveau quarante siècles après la disparition de Sodome et Gomorrhe, la terre s'ouvre et un mystérieux sel violet en jaillit. Son goût et ses propriétés en font une denrée indispensable à tous, qui se vend à prix d'or.

Voilà un roman "bizarrissime" : le monde qu'il décrit, situé dans un avenir non précisé, est à la fois agressivement moderne - dominé par une multinationale toute-puissante, la Compagnie - et violemment archaïque.
Dans la Colonie lointaine, l'absence de la technologie moderne nous ramène plus d'un siècle en arrière.
De la science-fiction régressive, en quelque sorte.
A moins que cette histoire nous emmène, sans le dire, au coeur du présent ?
Elle nous décrit une société totalitaire, organisée à l'extrême, fondée sur le mensonge et la terreur...
D'un côté, à Paris, un personnage minuscule, solitaire, dépressif, affronte un monstre anonyme, la Compagnie, en un combat feutré. De l'autre, dans l'effroyable Colonie, cinq forcenés se déchirent, pantins ridicules dans un tourbillon de péripéties démentes, sanglantes et absurdes.
C'est grotesque et sinistre. Drôle et désespéré.


Mon avis :

Qu'on se le tienne pour dit ! Ce livre est à lire absolument ! C'est une perle, une pépite, un bain de folie dans ce monde de fous !
Comme le dit l'auteure à la fin de son roman, si vous recherchez les beaux paysages de Grèce, son histoire mythologique ou ne serait-ce qu'une tradition de ce pays, alors passez votre chemin ! Car dans La femme de Loth, vous entrez dans un monde totalement différent de celui que nous connaissons tous. Ioànna Bourazopoùlou redéfinit les frontières, bouscule les codes et nous offre un futur non défini aux accents de passé. Vu comme çà, cela peut paraître assez complexe, mais dès les premiers chapitres, tout est limpide. La méditerranée redessine ses côtes et se retrouve aux portes de Paris. Tout ce qui se trouvait dessous disparait à jamais sous les eaux. La société est régie par un groupe très puissant qui entend exploiter à fond la richesse sortie de ce déluge : un sel violet aux mille vertus.
Pour ce faire, cette super-puissance crée une colonie où chaque colon est employé de la Compagnie et où toute technologie est bannie. Ce décor déstabilise car il est situé dans le futur mais par ses dispositions quotidiennes, ramène le lecteur dans un moyen-âge assez familier.
Quand aux personnages et à l'intrigue, l'auteure a choisi un style burlesque, qui fait inévitablement penser aux excellentes pièces de théâtre de Molière. Ce qui est très original pour un roman classé dans la science-fiction. Vous ne croiserez aucune machine bizarre, aucun personnage modifié...mais vous aurez affaire à une vie entièrement consacrée au mercantilisme.
C'est avec beaucoup d'humour et de drôlerie que les personnages sont mis en situation. Par le biais de lettres envoyées à la Compagnie, cinq hauts dignitaires de la colonie et la seule femme née sur le sol colonial, racontent les événements qui ont conduit au désastre. Pour démêler les fils de cet imbroglio, un homme est choisi par la Compagnie. Il a la lourde responsabilité, sans le savoir, de résoudre l'intrigue.
De moments étranges, en situations cocasses, le lecteur est entrainé dans un jeu de pistes où se mêlent l'absurde, le mystique et le désespoir. Car la question se pose dans le titre : Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth? Sa curiosité l'a-t-elle menée, comme il est écrit dans la Bible, a voir la colère de Dieu et la destruction immédiate de Sodome et Gomorrhe ou lui  a-t-elle ouvert la porte du futur ?

Bref, ce roman, qui ne ressemble à aucun autre, a des accents de comédies burlesques mais qui laisse le lecteur dans la réflexion. L'écriture d' Ioànna Bourazopoùlou est limpide, fluide et légère. Le style est original et  l'intrigue est grotesque et démente.

Je remercie chaleureusement Babelio et les Editions Ginkgo pour ce partenariat plus que réussi.




La femme de Loth
Critiques et infos sur Babelio.com

mardi 19 avril 2011

BLACK MAN, Richard Morgan



Résumé Editeur :


Dans un siècle à peine, l'humanité sera débarrassée de la guerre.
Mais des vestiges embarrassants subsistent encore, comme les variantes, des humains génétiquement modifiés.
Parmi eux, les plus inquiétants sont les variantes treize.
Carl Marsalis est l'un de ces ex-soldats. Il pourchasse désormais ses anciens frères d'armes pour le compte des Nations unies. Ce n'est pas un boulot facile... surtout quand il se retrouve dans une prison de Floride. Lorsqu'il reçoit la visite d'une ancienne détective aux prises avec les variantes treize, Carl est alors plus que disposé à conclure un accord...



Mon avis :

Lorsque l'on se lance dans ce genre de lecture, on en attend une simple chose : un divertissement. Dès les premiers chapitres, ce roman de Richard Morgan tient ses promesses. On passe un bon moment. Convenant peut-être plus à un lecteur mâle, cette histoire déborde d'un cocktail de muscles et de testostérone.
L'histoire se passe dans un futur féminisé où la guerre est un concept désuet. La vie se déroule au travers d' un consensus de règles établies. Dans cet univers qui tend à l'équilibre, subsistent pourtant les vestiges d'une race d'hommes génétiquement modifiés : les variantes 13. Conçus spécialement par le passé pour faire la guerre. Violents, sans compassion, et inaptes à la sociabilisation..., ils étaient parfaits pour les combats. Aujourd'hui la société les rejette et souhaite les voir tous disparaitre. Carl Marsalis est une variante treize mais il a décidé de chasser les siens pour le compte des Nations-Unis. Il croisera le chemin d'une ancienne flic qui pourchasse un treize dévastateur.
Les différents personnages de cette aventure sont très complets. Chacun a sa propre personnalité, décrite de façon claire. Une palette de tempéraments s'étale pour nous dépeindre une société future mais encore très proche de la notre. Pour l'action tant attendue dans ce genre d'ouvrage, on en a beaucoup, pour notre grand plaisir. Le plus difficile est de  mettre les scènes d'action en mots pour entrainer le lecteur au centre de l'action. Ici encore, l'auteur a réussi le pari. A chaque bagarre, les mots s'entrechoquent pour nous offrir une vision parfaite. On ressent la force des coups, on pense voir le sang et la sueur gicler, on entendrait presque le son des chocs et le sifflement des balles. Quel plaisir ! on s'y croirait ! Comme au cinoche !
Par contre, le nombre de pages de ce roman, 765 pages, est un frein au plaisir que prend le lecteur. Non que l'histoire ne soit pas intéressante mais parce ce que trop de détails ont été ajoutés. Des descriptions, des explications politiques et scientifiques trop poussées gâchent un peu la légèreté de cette lecture.

Pour ma part j'aime ce style de "romans-thriller SF" pour l' énergie, pour l'action et pour le coup d'adrénaline qu'il me procure. Donc de temps en temps, mon intérêt pour le livre s'émoussait. Mais parce que je savais que Carl Marsalis n'en avait pas encore fini, je continuais.

En conclusion, Black Man reste un bon livre de thriller SF, qui malgré le poids de ses 765 pages,  nous offre un moment très divertissant.

Je remercie chaleureusement Milady et Livraddict pour ce partenariat.








Black man
Critiques et infos sur Babelio.com

vendredi 1 avril 2011

DAYS, James Lovegrove




Résumé Editeur :

Chez Days, le plus grand gigastore du monde, tout s'achète. Absolument tout. Mais pour le commun des mortels, il faut bien souvent se contenter des vitrines éclairées qui font le tour du bâtiment, car on ne peut rentrer chez Days qu'avec une carte de membre. Alors, certains sont prêts à tous les sacrifices, toutes les folies, pour parvenir à mettre la main sur l'un des fameux sésames. Que ne ferait-on pas pour pénétrer dans le temple absolu de la consommation ? Car une fois à l'intérieur, à l'abri du monde et des tracas quotidiens, l'âme emplie par toutes les promesses qui s'offrent aux regards ébahis, on se sent enfin exister. Le client est roi, dit-on... Mais à quel prix ?


Mon avis :

Bienvenue dans le premier et le plus beau Gigastore du monde : Days.
James Lovegrove nous ouvre ici la porte d'un univers qui n'est pas sans rappeler notre monde.  Days est avant tout un roman d'anticipation, mais sa ressemblance avec notre société où tout s'achète et tout se vend est troublante.
Sous une plume satirique, Lovegrove dépeint les travers et les excès d'une société de consommation.

Septimus Days est le "père" d'un renouveau de la grande distribution. Il voit en grand, en très grand. Il crée un univers de la surconsommation : un magasin où l'on trouve tout, et même les produits et services les plus extravagants.
  Mais la sélection des clients est draconiennes. Tous ne peuvent prétendre à l'adhésion ! Une hiérarchie s'établit dans la clientèle. Un code de cartes de crédit est établi. Chez Days c'est le système des castes sociales qui prévaut. Plus on est un client fortuné et plus important on est. C'est comme ça dans le monde de Days.
Aujourd'hui Septimus est mort, mais ses sept fils gèrent l'empire. Élevés au rang de Demi-Dieu, ils supervisent et règnent sur ce territoire clos.
Nous suivons donc une journée type chez Days. Et nous pouvons suivre le point de vue des trois principaux statuts de ce microcosme : le client, l'employé et le patron.
Franck est ce qu'on appelle un fantôme, il assure la sécurité, et traque les voleurs. Il est employé dans ce gigastore depuis des années. Cette journée est pourtant un peu différente pour lui car ce doit être la dernière. Il souhaite donner sa démission. Mais contre toute attente, aujourd'hui va prendre une tournure de D-day. Rien ne va se passer normalement.
Gordon et Linda Trivett sont les heureux détenteurs d'une carte Silver ( une des moins fastueuses cartes de crédit délivrées par le magasin ). Ils entrent pour la première fois sur "Leur terre promise". Cela fait cinq ans qu'ils se privent pour avoir le privilège de faire parti des clients. Après l'euphorie de la nouveauté, ils vont vite découvrir un monde cruel, violent et complétement décadent.
Et Les sept frères Days ,qui dans leurs appartements situés au sommet du gigantesque bâtiment, règnent en toute quiétude. Ils sont le cerveau de ce brillant empire et ils sont indestructibles. Du moins le pensent-ils ? Car un grain de sable dans les rouages va déclencher l'apocalypse.
Ce roman est effrayant de part sa similitude avec notre société. Les comportements brutaux et excessifs des clients sont le reflet de situations que nous avons vécu déjà une fois, voir plus. Les techniques de ventes et de merchandising sont très approchantes de la réalité.  Avez-vous déjà assisté à l'ouverture d'un grand magasin pour le tout premier jour des soldes. Moi oui, et c'est à vous glacer les sangs !
On est donc entrainé dans le flot titanesque de consommateurs avides de bonnes affaires. Et on suit, mi amusé mi effrayé, les débordements burlesques et/ou dévastateurs de ce monstre qu'est Days.
Je vous l'accorde, l'histoire n'est pas très active ( moins de scènes d'actions que le décor le permet ), mais l'écriture intelligente et la justesse des situations en font un excellent roman d'anticipation.
On referme ce livre en se remémorant inévitablement sa dernière sortie "shopping". Et l'on se surprend à dire "Mon Dieu, on est vraiment pas loin de cette fiction !"

Petit plus, j'ai bien aimé les avant-propos à chaque chapitre, faisant référence à la symbolique du chiffre 7.
A lire donc et à méditer...





Days
Critiques et infos sur Babelio.com

mardi 16 novembre 2010

FRAGMENT, Warren Fahy






Résumé Editeur : 

L'île de Henders n'a jamais été explorée. A la vérité, elle n'a même jamais été en contact avec un quelconque écosystème étranger depuis la séparation des continents, il y a deux cents millions d'années. L'excitation qui règne parmi la quinzaine de scientifiques choisis pour aller y faire les prélèvements d'usage est grande : ils seront les premiers à contempler un monde quasi extraterrestre, où l'évolution a suivi un cours différent du reste du monde. Des quinze hommes et femmes qui débarqueront, seuls deux parviendront à s'enfuir de l'île, après y avoir passé seulement dix minutes ! Et le cauchemar ne fait que commencer... 







Mon avis : 
"Un écosystème distinct qui suit sa propre évolution, depuis la nuit des temps" page 251
A la recherche d'un livre SF qui puisse m'intéresser, j'ai lu et abandonner pas mal de romans. Je n'en citerais aucun pour ne vexer personne.  Blog-o-book a proposé "Fragment" de Warren Fahy.
A la lecture du synopsis, je suis curieuse de découvrir cette île qui a évolué en parallèle de l'évolution naturelle que nous connaissons.
Comment dire ? Ce livre m'a simplement halluciné.


Faune de l'île d'Henders
Au delà d'un roman de science-fiction, Warren Fahy nous signe un thriller environnemental.
D'une écriture dynamique et fluide, l'histoire se scinde en deux parties. La première est une explication scientifique de l'évolution et des théories qui expliqueraient les découvertes faites sur l'île d'Henders. Warren Fahy s'est appuyé sur de nombreux travaux, notamment sur ceux de Stephen Jay Gould. Elle nous présente aussi en détails les différents protagonistes de l'aventure.
Mais comme il faut bien entendu ne pas ennuyer le lecteur, nous entrons dans la deuxième partie, le coeur de l'action. Fini les théories, bonjour l'aventure extraordinaire. Mais là je n'en dirais pas plus, je vous laisse le plaisir de le découvrir.
L'île d'Henders est une planète étrange flottant non loin des quarantièmes rugissants, sa faune et sa flore sont démentielles. Des plantes prédatrices, des arbres lançant des fléchettes,des animaux aux physiques inimaginables ( une multitude de pattes, des couleurs étranges, une bouche monstrueuses...). Une adaptation cinématographique est en cours et, comme Jurassic Park ou King Kong, je pense qu'elle va nous en mettre plein les yeux.

En conclusion, j'ai eu un véritable coup de coeur pour ce premier roman de Warren Fahy. Entre science-fiction et roman d'aventures, "Fragment" nous offre un voyage démentiel dans un lieu vierge de toute intrusion humaine.
Je remercie chaleureusement BLOG-O-BOOK et les éditions J'AI LU pour ce partenariat.


samedi 13 novembre 2010

LE DOUZIEME EVANGILE, Jacques Guyonnet

Mélissa, obsédée sexuelle notoire et reporter vedette du plus grand Zine des États-Unis d'Europe se voit confier par sa rédactrice en chef une mission super-dangereuse : remonter le temps avant  Evène (Avant les Événements) et découvrir "Ce que les femmes préfèrent". Elle y parviendra avec l'aide de Dieu (que la traque théologique des Américains a fait chuter dans le contingent) qu'elle tentera de séduire et de Des Ombres, un compositeur aussi énigmatique que romantique qui, sans le savoir, est à l'origine de l'Univers. Le joueur masqué (Dieu ou l'auteur) joue avec Mélissa comme avec une balle de flipper. Elle est envoyée dans le New York des années 60 et déjoue les avances d'un certain Salman Rushdie, participe à la plus grande rave lesbienne de Californie où elle baise un requin, se trouve à Wall Street chez l'infâme Fuld aux débuts de la crise, est enlevée par la terrible nazie Hannelore et sera torturée dans une île grecque par les Bitenberg, maîtres du monde. Elle passe également en Allemagne, à Stuttgart, là où un apprenti sorcier joue avec les pouvoirs de la musique. Au final, on descendra le Ruban O' (le Temps) de quelque quinze milliards d'années pour assister à la formation de la soupe primitive et des lois qui vont la régir pour nous donner naissance. Une occasion unique pour Mélissa de modifier le futur... et de revenir régler ses comptes.



Mon avis :
Lorsque Blog-o-Book a proposé ce livre en partenariat, j'ai tout de suite été attirée par sa couverture. J'ai donc lu le résumé, car contrairement à d'autres choses, je ne m'arrête pas à la première impression.
L'histoire m'a l'air excentrique, loufoque, à la limite du carrément dérangé, mais pourquoi pas ! L'originalité peut étonner agréablement.
Ca n' a malheureusement pas été le cas. J'ai abandonné la lecture à la moitié car j'ai complètement été largué dès le début. Le de Jacques Guyonnet est très spécial. A chaque page, ou presque, une multitude de notes parasite le peu d'histoire qui peut être comprise. Mélissa est personnage bien complexe, trop même et ses aventures ne sont pas très claires. Quand aux autres personnages ont ne sait pas vraiment ce qu'ils font là.
En fait je n'ai pas retrouvé l'originalité suscitée dans le résumé.
Par contre je dois avouer que certains jeux de mots et mots inventés par l'auteur m'ont bien amusée.
Je n'en dirais donc pas plus car j'ai rien compris et que je ne veux pas gâcher le plaisir d'un lecteur plus initié que moi à ce genre de lecture.

Je remercie quand même l'équipe de Blog-o-book et les éditions La Margelle pour ce partenariat.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...