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La littérature n'a pas d'autre destination ni d'autre destin que d'appartenir à toute l'humanité. Ben Okri.
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samedi 13 octobre 2012
L'ENFANT DE CRISTAL, Theodore Roszak
Résumé Editeur :
Julia Stein, une brillante gérontologue, se voit confier un cas exceptionnel, Aaron Lacey, un enfant atteint de progeria, qui présente tous les signes de la vieillesse : petit, voûté, une mauvaise vue, le crâne chauve. Touchée, Julia tente l'impossible pour l'aider, quitte à user de méthodes peu conventionnelles. Il se produit alors chez Aaron, dont le corps est épuisé, une série de métamorphoses qui vont en faire un être exceptionnel, d'une intelligence rare, d'une sensibilité peu commune, d'un savoir iconoclaste. Aaron va finalement fuir son entourage et se retrouver au coeur de la campagne mexicaine, dans la propriété de l'extravagant docteur DeLeon, gourou de l'éternel jeunesse...
Une bouleversante réflexion sur le corps et sur le vieillissement.
Mon avis :
Ce roman est l'histoire d'un enfant différent, un enfant unique et exceptionnel. Atteint d'une maladie rare, la progéria ( vieillissement accéléré du corps ), Aaron va vivre des changements très étranges et atteindre un état supérieur à l'humanité. Accompagné par Julia Stein, gérontologue qui s'attache à ce petit garçon hors du commun, il va dépasser les limites du temps.
Récit fortement teinté de mythologie, de psychologie et de philosophie, il nous entraine dans une réflexion profonde sur le vieillissement et la peur obsessionnelle de la mort.
Malgré un sujet très intéressant, la lecture est assez difficile, son rythme est lent et sans grande vivacité. Il manquait peut-être un soupçon de dynamisme ( des rebondissements...) pour stimuler entièrement le lecteur. Certains passages sont d'une longueur épuisante et font un peu perdre le fil de l'histoire.
Bref, L'enfant de cristal est un livre traitant d'un thème très intéressant, mais le style employé par Theodore Roszak ne m'a pas emballé plus que çà. Ce roman a été classé dans le genre "fantastique", mais à part des nombreuses références sur la mythologie, la majeure partie de ce récit est plutôt une réflexion psycho-philosophique.
Je remercie Le Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat.
samedi 15 septembre 2012
DANS LE JARDIN DE LA BÊTE, Erik Larson
Résumé Éditeur :
Après Le Diable dans la ville blanche, Erik Larson nous offre un superbe thriller politique et d'espionnage, fondé sur des événements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler.
1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Sa fille, la flamboyante Martha, est vite séduite par les leaders du parti nazi et leur volonté de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maitresse de plusieurs d'entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécution envers les Juifs, essaie de prévenir le département d'Etat américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuses de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci na tarde pas à la convaincre d'employer ses charmes et ses talents au profit de l'Union soviétique. Tous les protagonistes de l'histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse "Nuit des longs couteaux".
Mon avis :
Quand Babelio a proposé ce livre d'Erik Larson en partenariat avec les Editions Cherche-midi, je me suis tout de suite enthousiasmée pour ce thriller politique et d'espionnage.
Je dois de suite vous préciser que ce n'est pas vraiment un roman, ni un thriller. Il faut bien lire cette petite phrase ajoutée judicieusement à la suite du titre sur la couverture " Un document sidérant qui se lit comme un thriller"-Philipp Kerr. Voyez vous la nuance ?
Dans le jardin de la bête est en réalité un documentaire étayé par les journaux de William E.Dodd et de sa fille Martha. Dodd fut ambassadeur américain à Berlin au moment de l'accession d'Hitler et du national socialisme en Allemagne. Universitaire et historien, il n'était pas le premier choix du président pour ce poste primordial. Mais faute de trouver de vrais diplomates, Dodd fut jeté dans la gueule du loup.
Cette homme droit et intègre, amoureux d'une Allemagne qui l'a enchantée pendant ses études, est parti avec plein de ferveur et d'espoir. Mais il déchantera rapidement en voyant le chemin sombre que prend ce pays. Le gouvernement d'Hitler est un nid de vipères, et son chancelier les mène dans une catastrophe sans précédant.
Pensant être en mesure d'interpeller les autres nations, mais aussi les Etats-Unis, Dodd redouble d'effort, mais ses tentatives et ses appels resteront vains.
Sa fille Martha a la fougue de la jeunesse et se laisse prendre rapidement dans la liesse d'une jeunesse allemande avide de voir leur pays renaitre de ses cendres. Au fil des mois et des nombreuses rencontres qu'elle fera à Berlin, elle prendra conscience du chaos naissant.
Grâce à un magnifique travail de recherche, Erik Larson signe ici un puissant documentaire sur l'Allemagne nazie et sur les conséquences de l'inaction des nations étrangères pourtant présentes dans le pays mais aveuglent aux agissements extrêmes du gouvernement en place.
Il est à penser que chaque nation a vu son propre intérêt et est restée sourde aux menaces pourtant grandissantes et irrationnelles de la nouvelle Allemagne.
Seul et sans les épaules d'un vrai diplomate, Dodd a cru pouvoir stopper la folie d'Hitler. Son rôle officiel, et il lui a été souvent rappelé, était de maintenir les bonnes relations entre l'Allemagne et les Etats-unis et veillait à ce qu'elle s'acquitte de sa dette.
Peut-on penser que le pire aurait pu être éviter si les Etats-Unis avait écouté Dodd et avait mis un frein à la violence qu'avait instauré le gouvernement d'Hitler ? Personne n'a cru réellement à la volonté destructrice de ce dictateur en puissance. Les Juifs n'étaient une priorité pour personne...
Comme beaucoup l'ont pensé : Hitler n'ira jamais jusqu'au bout. Pourtant tout a basculé la nuit du 29 juin 1934, nuit plus tristement connue sous l'appellation " nuit des longs couteaux".
Bref, Erik Larson est vraiment un auteur de talent et signe ici un magnifique documentaire sur l'Allemagne nazie. Et même si comme moi, vous vous attendez à un thriller, vous ne serez pas déçu. Ce livre est riche en Histoire et apporte un autre regard sur cette période sombre.
Je remercie chaleureusement les éditions Cherche-midi et Babelio pour ce partenariat.
Un petit extrait... :
" Dans toute l'Allemagne, un vaste mouvement s'était amorcé, entrainant inexorablement le pays vers un lieu ténébreux qui ne correspondait pas aux souvenirs de l'ancienne Allemagne que Dodd avait connu pendant ses études. Tandis que l'automne avançait et que la Tiergarten se parait de couleurs vives, il se rendait compte à quel point il avait vu juste à Chicago, au printemps, quand il avait constaté que son tempérament ne convenait pas à la "haute diplomatie" : il était incapable de jouer les menteurs en se mettant à genoux. Il voulait influer sur le cours des événements : l'Allemagne devait prendre conscience des dangers de sa politique, et il souhaitait amener le gouvernement d'Hitler à adopter une voie plus humaine et plus rationnelle. Il s'apercevait vite, cependant, que ses moyens étaient limités. Particulièrement étrange à ses yeux était cette fixation des nazis sur la pureté raciale. "
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samedi 8 septembre 2012
L'ENFANT QUI NE PLEURAIT PAS, Torey L. Hayden
Résumé Éditeur :
"Je ne pleure jamais. Comme ça, personne peut me faire de mal.
- Que veux-tu dire ?
- Si je pleure pas, ils savent pas que j'ai de la peine. Alors ils peuvent pas me faire du mal. Personne peut me faire pleurer non plus. Même mon papa que il me bat."
A six ans, Sheila a déjà un lourd passé. Abandonnée par sa mère sur une aire d'autoroute, battue par son père, elle ne connait que la douleur et l'effroi jusqu'au jour où, à son tour, elle bascule dans la violence.
C'est cette enfant terrifiée que Torey accueille dans sa classe, cette enfant infiniment blessée qu'elle va petit à petit apprendre à apprivoiser et à aimer. Car derrière le masque de la peur se cache une petite fille intelligente et pleine de vie qui, e s'autorisant à pleurer, se donnera enfin le droit de rire.
Mon avis :
L'enfance à la dérive, la maltraitance, les violences physiques et psychologiques sur les petits, Torey L. Hayden en a fait se cheval de bataille.
Célèbre psychologue américaine, elle est spécialisée dans les problèmes de l'enfance inadaptée. C'est à travers l'écriture entre autre, qu'elle partage son travail avec le monde entier.
Elle témoigne de son travail à travers plusieurs livres bouleversants.
L'enfant qui ne pleurait pas retrace la rencontre de Torey et de Sheila, une petite fille de quatre ans abandonnée par sa mère et battue par son père. Un jour ce petit bout bascule à son tour dans la violence, qui a toujours fait partie de sa vie, et commet l'irréparable. Jugée dangereuse, Sheila doit être placée en institut psychiatrique, mais attendant une place, elle est d'abord dirigée dans la classe spéciale tenue par la psychologue.
Les débuts de la petite dans le groupe sont chaotiques. Sheila ne connaissant que la violence, a forgé une carapace instinctive et animale. Elle fait bêtise sur bêtise et dans son regard transparait la peur et l'effroi. Pourtant Sheila refuse de montrer aux autres ses angoisses. Comme elle le dit plus tard à Torey, elle ne pleure jamais, comme ça personne ne peut lui faire mal. La faiblesse serait sa perte. Ce comportement est très choquant chez un petit bout de choux. Elle est si fragile...Torey va trouver derrière ce petit sauvageon, une petite fille brillante et à l'intelligence hors norme et va décider de l'apprivoiser et lui apprendre l'amour d'autrui.
En entrant dans la vie de Sheila, la psychologue va découvrir une fillette débordante d'amour, un père totalement débordé et désespéré par l'abandon de son épouse, une vie trop difficile...autant d'ingrédients qui ont blessé la petite profondément.
Ce petit roman est bouleversant. Peut-on imaginer, dans nos petites vies bien proprettes, qu'une petite fille peut commencer son chemin dans la vie en pensant que le monde ne l'aime pas et qu'elle n'est qu'un objet encombrant. Ne pas voir sourire une petite princesse blonde, la découvrir luttant sauvagement contre ses sentiments pour ne pas souffrir encore plus. Alors que dans nos foyers, les enfants rayonnent de joie, les rires illuminent nos vies et leurs facéties viennent emplir nos coeurs de joie. De lire l'histoire de la petite Sheila nous renvoie dans l'horreur de la vie. Nous n'avons pas tous la chance d'avoir eu une enfance paisible. Heureusement que des personnes comme Torey L. Hayden viennent porter leur regard sur ces enfants à la dérive. Ils apportent leurs compétences et leur amour pour tenter de les remettre dans le chemin de l'enfance. Apaisant un peu leur souffrance du mieux qu'ils peuvent, ils donnent de leur vie pour tenter de les sauver.
En bref, ce témoignage m'a totalement bouleversée. Les larmes me sont venues des les premières phrases. La force et le courage de cette petite fille m'ont pris aux tripes. Je voulais prendre ce petit bout dans les bras et lui murmurer à l'oreille que "Tout irait mieux maintenant, qu'elle ne devait plus avoir peur".
Je vous le conseille vivement.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres" organisé par Calypso. Le mot de cette session : Enfant.
Un petit extrait... :
(Torey lit à Sheila l'histoire du Petit Prince...)
"Je lus de nouveau le passage. Elle se tordit sur mes genoux pour me dévisager et pendant un long moment m'emprisonna dans son regard.
- C'est être ce que tu fais, hein ?
- Que veux-tu dire ?
- C'est ce que tu fais avec moi un jour, hein ? M'apprivoiser.
Je lui souris.
- Je être exactement comme le livre raconte, tu te rappelles ? J'ai si peur et je me cache dans le gymnase, et tu viens et tu t'assois par terre. Tu te rappelles ? Et je fais dans ma culotte, tu sais ? J'ai si peur. Je crois que tu vas me battre parce que je fais tellement de bêtises ce jour-là. Mais toi, tu t'assois par terre. Et tu viens plus près, toujours plus près de moi. Tu m'apprivoisais hein ?
Je souris, décontenancée.
- Oui, oui, peut-être.
- Tu m'apprivoises. Comme le petit prince apprivoise le renard. C'est exactement comme ça. Et maintenant, je être unique pour toi, hein ? Comme le renard.
- Oui, tu es tout à fait unique, Sheil.
Elle se retourna, se carra de nouveau sur mes cuisses.
- Continue"
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mercredi 15 août 2012
LA BLONDE EN BETON, Michael Connelly
Résumé Éditeur :
Une jeune femme blonde vient d'être découverte, coulée dans le béton. Quatre ans après l'enquête sur les meurtres du "Dollmaker", l'inspecteur Harry Bosch est traduit en justice. Une avocate arriviste et teigneuse l'accuse d'avoir tué un innocent, et non le serial killer qu'il croyait pourtant avoir identifié. Bosch commence à douter-inquiet et déterminé, il reprend l'enquête depuis le début.
Mon avis :
Je tiens d'abord à remercier chaleureusement les éditions Points et Livraddict pour ce partenariat. Je ne connaissais pas encore Michael Connelly, mais ayant entendu grand bien de lui, je souhaitais le lire depuis quelques temps. Et bien c'est chose faite et je suis conquise.
La blonde en béton s'enregistre dans la plus pure tradition des polars à la James Ellroy, auteur incontournable des fans du genre.
Cet épisode fait parti d'une série mettant en scène Harry Bosch, inspecteur de police énigmatique. Ce n'est pas le premier volet, mais il est tout à fait possible de le lire indépendamment des autres et prendre un plaisir immense à suivre l'enquête.
L'inspecteur Bosch est traduit en justice pour avoir tuer un homme lors d'une interpellation. Sur les traces d'un serial killer surnommé par les médias le "Dollmaker" car il maquillait à outrance ses victimes, Bosch découvre sa tanière et se sentant menacé, abat le tueur.
Alors que débute son procès, une jeune femme est découverte coulée dans le béton. Tout porte à croire qu'elle est une autre victime du "Dollmaker". Mais, le problème est qu'elle aurait été assassiné après la mort du serial killer. Harry aurait-il tué un innocent ?
Malgré le doute qui s'installe en lui, il croit encore à la légitimité de son acte. Avec l'aide des hommes qui ont travaillé avec lui sur l'enquête, il reprend le dossier....
Entre le procès de l'inspecteur et l'enquête en cours, le lecteur est entrainé dans une spirale folle.
Les sujets brûlants tels que les violences urbaines, la prostitution et les abus des forces de police viennent ponctuer ce polar pour lui donner une dimension très réaliste.
Bref, j'ai passé un très bon moment de lecture et j'ai découvert un auteur de polar qui va je pense venir grossir la longue liste de mes auteurs fétiches. Je suis bluffée et j'en redemande !
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dimanche 15 juillet 2012
LA JEUNE FILLE A LA PERLE, Tracy Chevalier
Résumé Éditeur :
La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse des ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...
Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.
Mon avis :
Je ne suis pas une grande amatrice d'art et de peinture, mais il m'arrive de me poser quelques minutes et de contempler une belle œuvre si le sujet est intrigant.
La jeune fille à la perle du peintre hollandais Vermeer fait parti de ces toiles que je trouve magnifique.
Par conséquent, ce fut un réel plaisir de me plonger dans un roman tournant autour de ce tableau.
Peint vers 1665, il suit le fil conducteur du maitre : peindre des scènes de la vie quotidienne.
Mais comment est-il nait ?
Tracy Chevalier nous offre ici, une version romancée de la naissance de ce chef d’œuvre. S'inspirant grandement de la véritable vie du peintre, elle imagine l'histoire d'une jeune servante entrant au service des Vermeer avec pour principale tache le ménage de l'atelier. Griet est une jeune fille de seize ans encore emplie de l'innocence de son enfance et d'une beauté rayonnante.
Elle est l'une des rares personnes de la demeure a avoir le privilège d'entrer dans l'antre de l'artiste, ce qui déclenche invariablement la jalousie de l'épouse.
Chaque fois que Griet croise le maitre dans l'atelier, la jeune fille sent son coeur fondre car cet homme au charme énigmatique la trouble fortement. Lorsque ce dernier lui demande de poser pour lui, les événements conduisent fatalement au scandale.
Sa rencontre avec Johannes Vermeer va bouleverser sa vie.
L'histoire se passe à Delft, ville qui a vu naitre et grandir Vermeer. Nous sommes dans la Hollande du dix-septième siècle. De belles descriptions de la ville à cette époque viennent nourrir ce roman envoutant. Le marché, les petites rues et le quotidien des habitants.
La vie de Johannes Vermeer et de sa famille est retranscrite avec beaucoup de justesse. Et on se prend à rêver que nous foulons les mêmes pavés que ce grand peintre.
C'est avec le cœur emplit de belles couleurs ( surtout l'outremer, cher au peintre ) que nous vivons les affres d'un caprice d'artiste. Cet homme n'a aucune conscience des conséquences de son geste. Griet va pâtir de la force artistique du maitre, surtout dans une Hollande très catholique...
Bref, ce magnifique roman de Tracy Chevalier fait voyager son lecteur dans l'art mais aussi dans l'histoire. Les sentiments que ce dégagent de ce récit sont forts et que l'on soit amateur d'art ou non, la jeune fille à la perle touche le cœur de tous.
Encore une fois, grâce au challenge "Un mot, des titres" de Calypso, j'ai fait une très belle découverte. Je profite chaque fois de ce rendez-vous pour m'aventurer dans des romans qui ne sont pas forcément dans mes critères de sélection habituels. Et chaque fois, je suis surprise par l'intérêt que je porte pour ces lectures.
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jeudi 5 juillet 2012
JULIA, Peter Sraub
Résumé Éditeur :
Depuis vingt ans la maison attendait Julia. Elle ne la laisserait pas s'échapper.
Fuyant un mari abusif, mais surtout le souvenir de la mort tragique de sa petite Kate, Julia s'est installée dans une belle maison au cœur de Londres, croyant y trouver la paix et la sécurité. Mais, peu à peu, les lieux montrent leur vrai visage. Suffoquée par une atmosphère étouffante, effrayée par des vacarmes nocturnes ou par d'étranges silhouettes entrevues en plein jour, Julia se sent menacée de toutes parts.
A-t-on décidé de la rendre folle ? Qui est cet enfant qui s'acharne sur elle ? Sa seule issue est peut-être de comprendre de quel drame abominable la maison a été le théâtre vingt ans plus tôt...Mais pourra-t-elle affronter la terrible révélation qui la guette ?
Mon avis :
Connaissant Peter Straub pour sa collaboration avec Stephen King sur le roman Talisman, c'est sans grande inquiétude que je me suis lancée dans la lecture de Julia.
Au premier abord, tout laisse penser que nous avons affaire ici à une énième histoire de maison hantée. Le résumé va dans ce sens, non ?
Pourtant, le sentiment que je ressens après ma plongée auprès de Julia est un peu plus complexe. L'histoire de cette jeune femme laisse penser à une réflexion sur le fil ténu qui sépare la folie, qu'elle soit pure ou suite à un choc traumatique extrême, du surnaturel.
Je m'explique. Julia a subi un choc effroyable. Elle culpabilise de la mort tragique de sa petite fille. Son mari n'aidant pas, elle tente de fuir et de se réfugier dans un lieu où elle pourrait être en sécurité pour pouvoir se reconstruire et peut-être recommencer une nouvelle vie. Julia est encore très affaiblie par le drame. Lorsqu'elle prend possession de sa nouvelle demeure, qu'elle achète sur un coup de tête, les choses vont vite prendre une tournure sinistre.
La maison semble abriter une âme maléfique voulant à tout pris se servir de la jeune femme à des fins vengeresses. La maison est apparemment le théâtre de phénomènes paranormaux, bruits intempestifs, objets qui se déplacent...mais est-ce bien réel ou n'est-ce qu'un tour malsain du cerveau dérangé d'une mère ayant perdu son enfant dans des circonstances dramatiques ?
Même si l'histoire dans son ensemble m'a intéressée, je reste quand même mitigée sur ce livre.
Il est important d'abord de rappeler que le roman est sorti en 1976. A cette époque, la définition du mot terreur n'était pas celle que l'on plébiscite aujourd'hui. De nos jours, nous sommes plus exigeants, nous en voulons toujours plus ce qui est logique puisqu'en matière d'étrange et de surnaturel de nombreuses choses ont changés. Je ne m'étalerais pas sur le sujet car là n'est pas l'objet de cet article, mais ceci explique en partie la petite gêne que j'ai ressenti lors de ma lecture.
Tout simplement, ayant un goût prononcé pour l'épouvante/terreur, comme de nombreux adeptes j'ai découvert les nouveaux maitres du genre. Ils rivalisent tous d'ingéniosité et d'originalité pour nous faire trembler de peur.
Julia est naturellement moins effrayant et ne m'a pas transportée aux portes de l'angoisse, même si le thème abordait était vraiment très intéressant.
En bref, j'aime bien l'univers de Peter Straub, mais je suis de la nouvelle génération et comme tel, j'en demande énormément à un roman "terreur". Je voulais frisonner d'horreur en lisant ce livre, mais je me suis juste intéressée à l'aspect psychologique de l'histoire. Il n'empêche que j'ai apprécié cette lecture et que je le conseille volontiers à tous....
Ce livre entre dans le cadre de deux challenges : Julianany me l'a choisi pour le challenge " Choisis dans ma Pal..." et il entre dans le thème de "Challenge au-delà de la peur" .
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jeudi 21 juin 2012
L'ART ET LA MANIERE, George V. Higgins
Résumé Éditeur :
- Il a des côtes cassées, le nez cassé, et trois ou quatre dents en moins. Et un problème à la cloison nasale. Il était à l'hôpital quand je lui ai parlé.
- Désolé de l'apprendre. Nous recherchons la satisfaction des clients.
Quand un tripot clandestin se fait braquer par deux individus cagoulés, le boss local charge son meilleur homme de main, le redoutable Jackie Cogan, de "régler le problème".
Dans le grand bazar des bas-fonds de Boston, où prospèrent escrocs minables et gangsters sans pitié, Cogan va faire le ménage à sa manière, efficace et glaciale.
Mon avis :
Qu'il est difficile de parler d'un roman que l'on a abandonné faute d'intérêt. Surtout quand on a reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat.
La couverture de ce Polar de George V. Higgins, paru pour la première fois en 1974, est magnifique. Quoi de plus naturel donc, d'être charmée et d'avoir envie de découvrir son contenu.
J'en resterais là des points positifs car j'ai vite déchanté en entamant la lecture. Toute l'histoire est écrite sous forme de dialogue, comme un scénario. Jusque là pas de problème. Mais le langage utilisé est des plus désagréable. Les personnages s'expriment dans un baragouin de bas étage incompréhensible pour moi. Même un enfant de 5 ans y perdrait son langage... J'ai plusieurs fois dû revenir sur des passages entiers pour tenter de déchiffrer le sens du texte. C'est pour dire ! Il se peut que la traduction y soit pour quelque chose. En anglais ça rend peut-être mieux. Là c'est du charabia indigeste. Désolée.
De ce fait, je ne suis pas entrée dans l'histoire. Pour être tout à fait franche, je n'ai même rien compris.
Donc dans ce contexte, j'ai vite passé mon chemin et j'ai refermé le livre sans aucun état d'âme.
Je souhaitais découvrir cet auteur, mais je pense sincèrement qu'il me faudra choisir un autre de ses romans.
Je remercie quand même Babelio et les Editions Michel Lafon pour leur gentillesse.
Un petit extrait...:
" - J'te jure ! dit Frankie. Et j'ai dû conduire comme ça pour rentrer, ça collait de partout, bon Dieu de merde! Les mecs qu'étaient au Howdy où j'allais tout le temps, tu sais ? Je les entendais parler de toutes ces pouffes qu'étaient toujours chaudes. Et j'les croyais. Y me donnaient les noms. Les vrais noms. Et moi, je faisais rien. "
mercredi 13 juin 2012
L'ARBRE D'HALLOWEEN, Ray Bradbury
Résumé Éditeur :
Lorsqu'ils frappent à la porte de Montsuaire pour réclamer des bonbons, Tom et ses copains déguisés en zombies ne savent rien de ce qui les attend... Commence alors un fabuleux voyage dans l'espace et le temps... Une quête fantastique et poétique des origines d'Halloween...
"Tout a commencé quand ? En Égypte, il y a quatre millénaires, pour célébrer l'anniversaire de la mort du soleil ? Ou des millions d'années plus tôt, devant les feux nocturnes allumés par les hommes des cavernes ? Ou dans le ciel de Paris, là où d'étranges créatures sont venues se pétrifier pour devenir les gargouilles de Notre-Dame?"
Mon avis :
Il est des livres qui vous transportent dans un monde où le passé reprend vie pour vous faire découvrir des vérités oubliées. L'arbre d'Halloween est de cela.
Comme le souche d'un arbre, la maison de Montsuaire a gardée chaque strate de l'humanité pour témoigner de la vie et de la mort.
Un soir d'Halloween, Tom et ses copains font la tournée des maisons du quartier pour la fabuleuse récolte de bonbons. Déguisés en fantôme, squelette ou sorcière, ils partent joyeusement à la conquête des friandises. Mais ce soir n'est pas comme les autres, ils vont fait la connaissance d'un personnage très étrange qui va les emmener dans un voyage extraordinaire à la découverte de l'origine de la fête d'Halloween.
A la question " Un don ou vous êtes dindon ?", ce personnage excentrique va les surprendre en leur promettant un Don hors du commun : la connaissance de la véritable histoire de la Fête des Morts.
Ils vont traverser le temps et les âges et apprendre les différents rituels des civilisations passées. Comment les Egyptiens honoraient leurs défunts, comment le christianisme s'est discrètement inspiré des rites payens, la chasse aux sorcières, la Fête de Samain...
La vie et la mort sont complémentaires. En honorant leurs morts, les Hommes célèbrent la vie. Comme pour la nature, ce n'est qu'un éternel recommencement. Le Soleil précède à la Lune, L'Eté à l'Hiver, le cycle de la vie tout simplement.
Ray Bradbury ( il nous a malheureusement quitté en début de mois ), grand auteur à la renommée bien méritée, nous offre avec L'Arbre d'Halloween un magnifique conte fantastique, nourri de poésie et de magie. D'une plume fantasque et dynamique, il nous conte la Fête des Morts de son origine à nos jours au quatre coins du monde.
Bref, j'ai beaucoup aimé ce petit roman que j'ai découvert par hasard au gré de mes déambulations à la médiathèque. Comme quoi le hasard fait bien les choses. En laissant mon intuition me guider, j'ai passé un moment fantastique aux côtés de Tom et ses amis. Que l'on soit adulte ou encore dans l'enfance, cette petite incursion dans le passé est une vraie bulle de savoir.
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mercredi 25 avril 2012
NOIR COMME L'AMOUR, Collectif
Résumé Éditeur :
Érotisme et fantastique...désir et terreur, amour et frissons...Vingt-deux des meilleurs romanciers américains de l'épouvante et du fantastique, au premier rang desquels Stephen King, se sont piqués au jeu d'écrire une nouvelle sur "l'amour noir". Ils ont puisé au plus obscur de l'âme humaine, où se côtoient le fantasme, la pulsion de mort, la perversion. Ou bien, plus loin encore, dans les ténèbres du surnaturel.
Il en résulte cette exceptionnelle anthologie, d'une surprenante variété de style et d'inspiration. 22 histoires de chair, de sang et d'horreur ; une vision inédite de l'amour, troublé par la peur et les délices du tabou.
Mon avis :
Recueil sombre et noir où l'amour s'invite dans les recoins les plus tordus de l'âme humaine, où l'être humain se transforme en bête avide de douleurs et de sang...
Vingt-deux histoires perverses ou fantastiques qui entrainent le lecteur au coeur des fantasmes et désirs débridés de l'Homme.
Le point fort de ce recueil est la grande diversité de style et d'approche du thème proposé. Chaque auteur revisite l'amour noir selon ses inspirations et son univers. Bien entendu, en tant que lecteur, toutes ne vont pas avoir le même impact. Personnellement, j'ai apprécié plus volontiers les nouvelles fantastiques ou plus sanglantes.
Pour citer un exemple, j'ai adoré "La lueur éclatante des lames" de Basil Copper. Rien que le titre éveille en moi une image assez précise, qui s'avère être pour ma plus grande joie la bonne. Le texte dévoile peu à peu ses clés et la fin est accueillie avec un " je le savais" jouissif.
D'une histoire à l'autre, nous entrons dans le monde du sadomasochisme, de l'amour extrême, de la passion dévastatrice ou encore de la folie....
Bref, il n'est pas facile de parler de ce recueil. Comme je l'ai déjà expliqué pour les romans de Stephen King, Noir comme l'Amour est un plaisir égoïste où l'on y puise, au gré de ses humeurs et ses attentes, sa dose de noirceur. Certains y verront peut-être de la perversion à outrance, moi j'y ai recueilli l'ivresse de briser les tabous et de faire face à la déviance que peut amener un sentiment, si beau soit-il, comme l'Amour.
Attention : ce livre n'est pas à mettre dans toutes les mains car 22 auteurs américains de l'épouvante et de la terreur ( Stephen King, Stuart Kaminsky, Richard Laymon...) se sont laisser prendre au jeu de la folie !!!!!
Et de 4 "terreur"
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lundi 16 avril 2012
MARCHE OU CREVE, Richard Bachman
Résumé Éditeur :
Mieux que le marathon...La longue marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette histoire...sur laquelle on mise chaque année deux milliards de dollars.
Sur la route, le pire, ce n'est pas la fatigue, la soif ou même le bruit des half-tracks avec l'aboiement des fusils. Le pire reste cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu'il faut affronter : le monstrueux Dieu Foule...convulsé dans un paroxysme de plus en plus violent.
Et tandis qu'il marche, les muscles noués, Garraty entend la foule psalmodier son nom...Début d'une abominable réaction en chaîne dont il doit se sortir à tout prix...Pour quelle victoire ?
Mon avis :
Marche ou crève est un des romans que Stephen King a écrit sous le pseudonyme de Richard Bachman.
Contrairement à son habitude, son récit est ici bien moins gore. Pourtant il est sans conteste bien plus macabre. Imaginez une société dite civilisée qui organiserait ce genre d'événement stupide et violent. Cent jeunes hommes réunis pour un marathon mortel. Chaque participant joue sa vie, s'il stoppe la marche l'armée l'abat froidement. Un seul aura la vie sauve et un gros pactole. C'est un long parcours qu'entame le lecteur aux côtés de Garraty et ses compagnons de marche. Vont-ils réussir à aller jusqu'au bout ? Sauveront-ils leur peau ?
Au fur et à mesure des heures qui défilent la foule s'amasse aux abords de la route pour suivre l'hécatombe. Ils veulent voir de la souffrance, des morts et de l' innommable. Assouvir leur soif de sang.
Et nous, lecteur avide, nous sommes comme cette foule, nous sommes voyeurs. fébrilement nous tournons les pages pour compter les morts. La lecture est justement rythmée par ce décompte morbide.
Et ce n'est pas tant la souffrance physique des marcheurs qui entraine le lecteur dans l'horreur, mais l'impact mental de ce défi ultime. La volonté de vivre des participants est poussée à l'extrême. Les profondeurs de leur esprit sont leur seul refuge, seront-ils pour autant capable d'en remonter pour survivre...
Tout porte à croire que King met au pilori une armée profitant de la faiblesse d'une jeunesse désabusée et sans repère. Elle se sert de l'appât du gain pour envoyer au casse pipe des jeunes hommes. Une fois engagée, plus de recours possible. On ne fait plus marche arrière. On part au combat et on lutte pour survivre : Marche ou crève.
Bref, ce roman est une véritable réussite. Sa banalité et sa froideur mettent nos nerfs à rude épreuves. Glaçant et immoral, il met mal à l'aise mais on ne peut faire autrement que d'aller jusqu'au bout. Comment toute cette horreur finit-elle ? Qui est gagnant ?
Et de 3 "terreurs"
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mercredi 11 avril 2012
RIEN N'EST TROP BEAU, Rona Jaffe
Résumé Éditeur :
New York, début des années 1950. Elles sont jeunes et Manhattan leur tend les bras...
Lorsqu'il fut publié, en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l'engouement de millions de lectrices américaines. Elles s'identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d'horizons différents employées dans une grande maison d'édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes.
Il y a la brillante Caroline, dont l'ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnes, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson.
Si la ville semble leur offrir d'infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d'hommes.
Mon avis :
Ce premier roman de l'américaine Rona Jaffe fut un succès en 1958. Lorsqu'on lui demande d'écrire un livre sur les relations homme/femme dans le monde du travail, elle pense dépeindre un monde cruel où la femme a beaucoup de mal à se faire une place. C'est une réalité certes, mais il en résulte que son coup de gueule se transforme vite en un engouement pour la vie trépidante et excitante de la femme active new-yorkaise. Les lectrices américaines s'identifient immédiatement au cinq jeunes femmes de ce roman.
Aujourd'hui encore son livre fait écho aux jeunes femmes actives que nous sommes. Mary Agnes, Caroline, April et les autres sont nos mères, nos grands-mères mais elles nous ressemblent tellement. Soixante ans nous séparent pourtant nos rêves et nos doutes sont sensiblement les mêmes. Avoir un travail qui nous passionne, aimée et être aimée en retour, fonder une famille et être comblée de joie et de bonheur. La seule différence qu'il y a à notre époque, c'est qu'on veut tout en même temps, nous sommes plus ambitieuses peut-être ou simplement plus gourmandes de la vie !
C'est donc avec beaucoup d'émotions et peu de nostalgie que nous suivons le destin de ces cinq jeunes femmes à peine sortie de l'adolescence. Près d'elles nous apprenons à vivre au sein d'une société encore très machiste les égratignant pour les rendre plus fortes, plus femmes. Elles seront ambitieuses, patientes, courageuses et tenteront d'atteindre le but de leur vie. Pour les unes ce sera le mariage, pour d'autres la promotion professionnelle, mais pour toutes la quête du bonheur.
Bref, j'ai vraiment été touchée par ce roman de Rona Jaffe. Il a su passé les années et réussi à conquérir un nouveau public. Je vous le conseille vivement.
Petite mention "excellent" pour sa magnifique couverture...( j'adore ses chaussures ! )
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mercredi 28 mars 2012
LA LOUVE ET LA CROIX, S.A. Swann
Résumé Éditeur :
An de grâce 1221
Au cœur des sombres forêts des Carpates, frère Semyon von Kassel, chevalier de l'ordre de l'Hôpital Sainte-Marie-des-Allemands de Jérusalem, court comme s'il avait le diable aux trousses. Une bête monstrueuse, ni-homme mi-loup, a décimé ses compagnons.
Grâce à lui, l’Église va en faire une arme à son service : les chevaliers Teutoniques recueillent et dressent clandestinement ces terrifiantes créatures pour terroriser les païens.
Or, l'un de ces loups-garous, une fille nommée Lilly, réussit à s'échapper et trouve refuge auprès d'un jeune paysan qui fera tout pour la protéger des Templiers...mais aussi d'elle-même. Car la sauvagerie du meurtre est la seule vie que Lilly ait jamais connue et si le jeune homme ne parvient pas à percer les ténèbres de son âme, il sera sa prochaine victime...
Mon avis :
An de grâce 1221...mais où nous entraine S.A. Swann ?...Dans une croisade.
Oui cher lecteur, c'est bien d'une croisade dont on nous parle, mais pas de celles qui jalonnent le récit. Il est question ici de sauver une âme non pas du paganisme mais de l’Église.
Lilly, mi-femme mi-louve, a été capturée enfant par les chevaliers Teutoniques afin d'être utilisée comme arme contre les païens. Ces hommes et femmes vénérent des dieux impies et monstrueux alors pourquoi ne pas les retourner contre eux. Tel est le plan machiavélique que l'Eglise a fomenté pour mener à bien sa quête pour la conversion des infâmes. Lilly est donc dressée pour tuer et assouvir sa soif de sang. Seule sa part animale compte aux yeux de ses maîtres. Pourtant n'est-elle pas aussi un être humain ?
Dépossédée de son âme, elle fuit dans les forêts profondes des Carpates et trouve refuge auprès d'un jeune paysan. Udolf va tenter de sauver cette jeune femme des griffes de ses maîtres. Mais saura-t-il faire taire la bête qui est en elle ?
Savant mélange entre roman historique et fantasy, La louve et la Croix fait vibrer toutes les cordes sensibles du lecteur. on ne peut s'interdire d'être touchée par cette créature qu'est Lilly. La jeune femme est douce et charmante mais la bête est froide et sans pitié. Pourtant Lilly est si touchante. Dans ses grands yeux verts nous retrouvons plus d'humanité et de compassion que dans les yeux de ses maîtres. Qui est en fait le véritable monstre ? Personne ne peut rester indifférent face à ce manque de tolérance face à la différence.
Les pages se tournent au fil du temps et l'on tremble de peur pour nos deux jeunes fugitifs. Que peut-il faire contre le pouvoir immense de Rome ?
Dès les premiers mots on est happé dans ce moyen-âge violent et sombre, fait de guerre et de soumission. On se demande, fébrile, comment va finir toute cette sombre histoire...
Bref, je suis vraiment conquise par ce fantastique roman. Ce fut pour moi une lecture très marquante et je pense sincèrement que ce livre fera parti de mes coups de coeur de l'année.
Et bien sûr je vous le conseille vivement, l'histoire de Lilly et d'Udolf vous prendra certainement aux tripes !
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lundi 19 mars 2012
CORNES, Joe Hill
Résumé Editeur :
Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d’un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. Cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu’il n’en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont on ne peut plus réelles.
Jadis, Ig le vertueux faisait partie des privilégiés : né dans une famille riche, second fils d’un musicien renommé et frère cadet d’une star montante de la télé, il avait la sécurité, l’aisance, une place reconnue au sein de sa communauté. Ig avait tout pour être heureux, plus encore il avait Merrin et un amour réciproque, auréolé de magie, fondé sur les mêmes rêves. Mais la mort de Merrin a tout détruit. Seul véritable suspect, Ig n’a pourtant jamais été accusé ni jugé. Et donc jamais innocenté. Pour le tribunal que constitue l’opinion publique de Gideon, sa ville natale du New Hampshire, Ig aura beau dire ou faire, il est et restera toujours coupable, car ses parents riches et influents ont exercé des pressions pour faire boucler l’enquête. Il est abandonné de tous, Dieu y compris. De tous, sauf de son démon intérieur…
Et voilà qu’Ig se retrouve soudain doué d’un nouveau pouvoir, assorti à son nouvel aspect et tout aussi terrible, un macabre talent qu’il compte bien utiliser pour retrouver le monstre qui a tué Merrin et détruit sa vie. Être bon, prier… tout ça ne l’a mené nulle part. Il est temps de prendre sa revanche… Il est temps de donner sa part au diable…
Mon avis :
Joe Hill signe ici son deuxième opus. En digne héritier de Stephen King, il nous entraine dans les méandres de l'âme humaine. Même si le style est légèrement similaire à celui de son père, l' écriture est elle singulièrement différente. Dans le registre du thriller fantastique ( de plus en plus populaire ) Joe Hill crée son univers personnel. Son personnage principal, Ig, est un pauvre type déboussolé depuis la mort violente de sa fiancée. Il a été accusé à tort, mais son être est mortellement meurtri par la perte de sa bien aimé. Au lendemain d'une beuverie monumentale, il se retrouve affublé de cornes sur la tête. Mais que s'est-il passé ? Et pourquoi son aspect s'est modifié ? Ce n'est pas tout. Il se rend compte que ces fameuses cornes ont un pouvoir étrange. Les personnes qu'il approche ne peuvent s'empêcher de dévoiler leurs pensées les plus secrètes. Pendant deux jours d'enfer, Ig va tenter de retrouver le véritable assassin de sa fiancée.
Malgré une idée originale et une maitrise du flash back, le récit s'essouffle vite et certains passages sont un peu indigestes et redondants. De plus, il faut faire avec un héros un peu niais et gauche. Pourtant il est devenu démoniaque, on s'attend donc à une personnalité vive et débridée...loin de là. Il s'avère qu'Ig reste jusqu'à la fin spectateur de son destin plus qu'acteur dynamique. Le personnage se prêtait volontiers à de l'action détonante. Disons que c'est avec plus de dérision et de légèreté que Joe Hill fait évoluer son personnage dans l'histoire. Il est incontestable qu'il y a des passages désopilants venant apporter de la couleur au sombre tableau de l'intrigue principale.
Bref, la lecture est très agréable, mais je m'attendais à autre chose. Avec un soupçon de dynamisme et d'angoisse supplémentaire, j'aurais surement été portée par l'onde démoniaque ( trop légère à mon goût ) de ce roman.
dimanche 29 janvier 2012
FAËRIE, Raymond E. Feist
Résumé Éditeur :
La vieille ferme isolée dans les bois les avait séduits. La maison était splendide et étrange. Phil et Gloria pensaient y trouver le calme après la vie agitée d' Hollywood. Mais, derrière les portes des maisons anciennes, sous les ponts perdus au fond des bois, se cachent souvent des êtres magiques, des forces obscures, et la maison du vieux Kessler ne fait pas exception.
Les enfants du couple sont les premiers à y être sensibles. D'abord les jumeaux, qui voient la présence des fées et du vieux peuple des légendes ; ensuite leur fille, dont la beauté attise le désir d'êtres plus inquiétants...Jusqu'à ce qu'ils deviennent tous les jouets de puissances inconnues, des pions dans une guerre éternelle et sanglante...
Mon avis :
Entrons dans le monde fabuleux mais effrayant des vieilles légendes celtiques. Faërie reprend les contes du vieux peuple ( les Fées ) pour nous offrir une aventure contemporaine angoissante. L'histoire ne se passe pas comme on pourrait le penser au premier abord en Europe, ni dans un passé lointain. La maison Kessler est une ferme située aux Etats-Unis de nos jours.Lorsque Phil, écrivain, et sa petite famille s'installent dans ce lieu paisible et bucolique, ils ne savent pas encore que des êtres magiques sont déjà installés depuis longtemps dans leur bois. Ces êtres étranges, sortis du folklore irlandais, ne sont pas de gentils petits elfes facétieux et joueurs. Ils sont complexes et souvent inquiétants. La petite famille va rapidement se retrouver au cœur d'une guerre millénaire entre les hommes et le vieux peuple. Un pacte, scellant une entente fragile entre les deux peuples, est menacé. L'équilibre du monde est près à basculer dans une guerre violente et sanglante. Les jumeaux du couple, plus sensibles aux phénomènes surnaturels vont être les premières victimes des fées, et leur grande sœur va faire les frais d'un désir malsain contenu depuis des siècles...
D'une écriture magistrale, Raymond E. Feist mêle avec brio les vieilles légendes et notre monde moderne. Il redonne vie aux mythes et légendes d'antan et nous offre une aventure éprouvante et magique. On découvre des êtres spirituels et éthérés qui revendiquent leurs droit sur la terre. Des légendes prennent vie et perturbent la vie rationnelle des hommes. Les Humains seront mis à rude épreuve et apprendront à croire aux vieilles histoires que l'on racontait dans le passé au coin du feu.
Le lecteur est donc porté par la magie du vieux peuple mais se retrouve vite face à la peur de leur grand pouvoir. Il frémit d'angoisse face à l'inconnu et l'étrange. Il est enchanté mais effrayé par ces êtres d'énergie combattants et déterminés.
Ce roman est vraiment excellent. Il intrigue, il intéresse et il passionne. On le referme avec beaucoup de regrets de quitter cette ambiance oppressante et tellement magique.
J'ai lu ce livre dans le cadre du Challenge " Choisir la prochaine lecture de sa PAL". Je remercie Kkrolyn pour ce choix car j'ai vraiment passé un très bon moment de lecture.
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vendredi 30 décembre 2011
LA COMPAGNIE NOIRE tome 1, Glen Cook
Résumé Éditeur :
Depuis des siècles, les traditions et souvenirs de la Compagnie noire sont consignés dans les présentes annales. Depuis des siècles, la troupe se loue au plus offrant et les batailles qu'elle a livrées ont déjà rempli maints volumes. Jamais pourtant elle n'aura traversé de période aussi trouble. Entrée au service de la Dame et de ses sorciers maléfiques, la Compagnie participe à l'une des plus sanglantes campagnes de son histoire. Les combats incessants, la magie noire qui empuantit l'air, bientôt les hommes tombent comme des mouches, et ceux qui restent debout commencent à se demander s'ils ont choisi le bon camp. Ce sont des mercenaires, ils sont dépravés, violents et ignares, sans foi ni loi, mais même eux peuvent avoir peur, très peur...
Mon avis :
Je ne me permettrais pas de critiquer ce livre car je ne l'ai pas lu entièrement. Marmotte me l'a choisie pour un challenge et je désirais le découvrir.
Donc je vais faire un petit billet pour tenter d'expliquer les raisons de mon abandon.
Premièrement, je n'ai pas compris grand chose à ce que j'ai lu ( une centaine de pages environ ). Je suis restée complètement en marge de l'histoire qui se déroulait sous mes yeux. Je pense qu'il faut être initié à la Fantasy pour entrer facilement dans l'univers de la Compagnie Noire. Aucune explication des décors, des personnages ni de l'ambiance générale. On se retrouve face à des guerriers, des batailles...sans comprendre comment on est arrivé là. Le style est aussi très spécial. L'écriture est franche mais trop "parlée". Les personnages discutent entre eux mais il arrive souvent au lecteur de se demander " mais à qui parle-t-il ?".
Bref, après une tentative de m'imprégner de cette histoire guerrière et très masculine, j'ai fini par refermer le livre en me disant tout simplement : "C'est juste pas pour moi !"
samedi 10 décembre 2011
FAHRENHEIT 451, Ray Bradbury
Résumé Éditeur :
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Le pompier Montag se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.
Mon avis :
Fahrenheit 451 est considéré aujourd'hui comme un classique de la science fiction. Pourtant ce roman m'a laissé un sentiment de vide et d'incompréhension. Attendant un moment fort, vu la notoriété de Ray Bradbury, c'est avec avidité que je me suis lancée dans cette aventure. Et là, la douche froide. Dès les premières phrases, l'écriture et le style me dérangent. Très froid, trop plat, voire impersonnel. Les mots s'alignent, se suivent sur les pages, mais ne m'atteignent pas. Même plus, ils finissent par m'agacer.
Le thème abordé est pourtant très intéressant. Que serait la vie dans une société privée de sa culture et de sa littérature ? Cette société future inventée et décrite par Ray Bradbury fait peur car elle n'est aujourd'hui pas très éloignée de notre société actuelle. La recherche effrénée des plaisirs futiles et immédiats, le besoin de consommer rapidement et sans trop de réflexion...on y est presque ! Ce contexte aurait dû me passionner, m'indigner, me mettre dans tous mes états. Pas du tout, je suis restée un spectateur passif, au bord de l'ennui.
Montag m'est apparu pathétique et banal. Son monde, ses pensées m'ont laisser un goût amer. Bref, il m'a agacée au plus au point !
Je suis déçue d'être passer à côté de l'enthousiasme des nombreux lecteurs qui ont encensé ce roman.
En bref, j'ai vu, l'ai lu mais je ne suis pas convaincue ! Désolée....
Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune. Retrouvez les avis des autres lecteurs : Kactusss, Aaliz, Tchae, InkofmyLife, Mack, Namira, Blackwolf, Angelebb, Nane42, StupidGRIN, Marmotte, Karya, Stephy21, adorelire9, Luna, Bavardelik, Sollyne, Livraison, Toons, Mayella, Chtitepuce, Felina.
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vendredi 11 novembre 2011
HANTISES, John Saul
Résumé Éditeur :
Il y a des secrets qu'il vaut mieux laisser enfouis, des portes qu'il vaut mieux laisser fermer...
Cela faisait près de vingt ans que Kévin avait coupé les ponts avec Helena, cette mère qu'il haïssait, près de vingt ans qu'il n'était pas retourné à la plantation Devereaux. Mais la vieille dame était mourante et le réclamait. Accompagné de sa femme et de ses deux enfants, il vient passer quelques jours dans la demeure familiale. Lorsque sa mère meurt, laissant en héritage l'horreur et la folie, il ne tarde pas à comprendre que lui et les siens sont pris au piège. Peu à peu, les monstrueux secrets de la vieille famille sudiste commencent à refaire surface...
Mon avis :
Une petite sueur froide de temps en temps fait du bien. Se blottir dans les coussins ou sous la couette et sursauter au moindre bruit venant troubler sa lecture, quel plaisir !
Cette joie, je la dois cette fois-ci à Krolyn qui a choisi ma lecture. Elle avait lu ce livre, il y a quelques années et l'avait appréciée. Il était dans ma pile de livres à lire ( PAL ) donc c'est parti !
John Saul aime tromper son lecteur. A la lecture du résumé, on peut s'attendre à une ambiance glauque sous fond de magie noire, d'esprits d'esclaves et d'horreurs commises au sein de la plantation. Et bien c'est pas vraiment le cas... et c'est pas grave! On s'étonne agréablement du chemin que prend cette histoire. Il est question de folie, de haine, d'abus de pouvoir... et d'un drame familial dévastateur.
Tout tourne autour d'une vieille femme amère, haineuse et méchante. Elle a mené sa vie d'une main de fer et a assis son pouvoir malsain sur ses deux enfants. Kévin, le fils s'était enfui pour se libérer de l'emprise de sa mère mais sa soeur Marguerite a subi toute sa vie la méchanceté de la vieille femme.
A son dernier souffle, elle souhaite encore posséder les siens et laisse un testament horrible. Celui-ci contraint Kévin a venir vivre dans la demeure et laisse Marguerite sans aucune ressource.
Cet arrangement mène rapidement à l'inévitable. Marguerite, qui fut conditionnée toute sa vie par la vieille harpie va sombrer dans la folie. Son passé, et surtout un épisode dramatique, va remonter pour semer l'horreur. Les morts sur l'île Devereaux vont être nombreux.
La haine est le point central de cette sombre histoire, et la folie est l'arme qui sert les desseins malsains d'une âme meurtrie. Tous les personnages sont éclaboussés par les actes d'une seule personne nourrie par des sombres pensées et une haine démesurée. Helena, petite vieille, toute frêle et fragile, est en fait le mal incarné. Tous les habitants de Devereaux subissent, impuissants, ses fureurs. Pourtant, ce drame est humain. La manipulation minutieuse qu'elle met au point et entretient de nombreuses années trouve son apogée en cyclone qui déferle à sa mort.
C'est machiavélique !
L'angoisse et la peur sont au rendez-vous dès les premiers mots. La gêne va crescendo à l'allure d'un ciel qui se noircit lentement et finit par craquer et déchainer les éléments.
Le lecteur est pris au piège sur l'île comme tous les protagonistes de cette histoire. Il assiste, impuissant, au drame qui se prépare depuis des années.
Personne n'échappera au monstrueux plan d' Helena Devereaux !!!
Ce roman est aujourd'hui à classer, je pense, dans la catégorie Thriller fantastique plus que dans la catégorie Terreur. Ce qui ne gâche en rien son intérêt. Il entraine le lecteur au coeur de la folie.
Si vous n'avez pas peur de devenir sujet à des troubles mentaux, entrez dans la demeure Devereaux. Mais attention, vos nerfs seront mis à rude épreuve !
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mardi 8 novembre 2011
LA POLKA DES BÂTARDS, Stephen Wright
Résumé Éditeur :
Le jeune Liberty Fish a grandi dans l'Amérique dynamique mais inquiète des années 1850. Lorsque éclate la guerre de Sécession, il s'engage dans les troupes nordistes, conformément à l'idéal abolitionniste de ses parents. Mais si son père est un Yankee, sa mère est fille de planteur sudiste. Alors, las des horreurs du champ de bataille, il part en quête du domaine ancestral. Et ce qu'il y découvre excède ses pires hantises...
Entre ironie et cauchemar, le plus rare des grands écrivains américains brosse ici un tableau puissant et visionnaire, intensément romanesque, d'une période troublée. Mais à travers la vigoureuse précision et la truculence verbale de l'évocation historique, il offre avant tout une vision sombre et lucide d'une Amérique encore vivace, dont l'idéalisme ravageur prend les formes les plus contradictoires, voire les plus monstrueuses. Et sa réflexion dérangeante sur l'héritage esclavagiste et ses obsessions raciales, sur le métissage, mais aussi sur l'esprit missionnaire et la tentation utopiste, résonne avec une pertinence plus actuelle que jamais.
Mon avis :
L'esclavagisme, la guerre de sécession... ces mots vous évoquent quelques choses...sûrement. Ils sont l'écho d'une partie de l'histoire américaine très sombre.
Cité comme un "Autant en emporte le vent" revisité, La polka des batârds est en fait un tableau romanesque sur l'Amérique plus intense, plus réaliste et plus parlant.
Par les yeux de Liberty, un jeune homme nait dans une famille abolitionniste, nous revisitons la période trouble de la guerre de sécession. Bercé par les idéaux de ses parents, c'est tout naturellement que Liberty s'engage sous l'uniforme bleu ( les Yankee ) pour se battre contre l'esclavagisme. Il va découvrir que ce conflit est bien plus complexe que ce qu'il pensait ( politique, industrialisation, attachement farouche aux traditions, économie...). Il prend conscience que l'Amérique est faite de passion, d'ambition, d'idéaux et de folie.
Le sort des esclaves n'est pas la priorité de cette guerre. Dans les deux camps, Liberty rencontrera la haine raciale.
Lassé par ces combats qui n'ont plus de sens pour lui, il décide de partir en quête de son histoire. Ses grands parents maternels sont des planteurs sudistes, farouchement attachés à leurs traditions.
Ce qu'il découvre en arrivant au domaine familial dépasse de loin toutes les horreurs qu'il a déjà vues sur le champ de bataille. La folie a gagné son grand père. Il s'adonne à des expériences monstrueuses ayant pour but de blanchir les noirs. Persuadé que la solution est là, il se lance dans le métissage.
On découvre au fil du récit des personnages haut en couleurs. Mais un en particuliers m'a marqué. C'est Monday, le vieux serviteur du grand père fada. Il fait tout son possible pour rester en dehors des " affaires des blancs". Et lorsque Liberty lui dit qu'il n'est plus un esclave, qu'il est libre de faire ce qu'il veut, d'aller où bon lui semble, Monday lui dit :
" J'entends parler de cette histoire de liberté depuis que les lapins ont des oreilles, et j'ai une question pour vous monsieur Liberty : de quel genre de liberté il s'agit, au juste ?" Liberty ne comprenant pas bien, lui demande de quoi parle-t-il. Monday lui répond " La liberté de l'oiseau, ou la liberté de la mule?" - Liberty : " Vous préférez laquelle ?"- Monday sourit : " Depuis que je suis haut comme trois pommes, j'ai toujours rêvé de voler". C'est simplement magnifique !
La polka des batârds est le reflet d'un pays où tout est possible, le pire comme le meilleur. Amour et Haine, Bien et Mal, Raison et Folie... Nous y retrouvons biensûr une partie de son passé, mais aussi une vision de l'Amérique actuelle, toujours bouillonnante.
"Cette nuit-là, bien au chaud dans son lit de plume, sous le seul toit qui est jamais été sien,[...] sans savoir au juste où ni même qui il était. et il se rappela. C'est l'Amérique, songea-t-il, et toi, qui que tu sois, tu ne risques rien. C'est l'Amérique, et tout finirait bien."
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samedi 5 novembre 2011
LES SALAUDS GENTILSHOMMES 2 : DES HORIZONS ROUGE SANG, Scott Lynch
Résumé Éditeur :
Locke Lamora, l'ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d'un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s'attaquer à L'Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l'élite et voler son incommensurable trésor. Il n'existe qu'une façon de s'approprier l'argent de cet établissement: le gagner aux divers jeux qu'il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts. Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues... et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord ! Et pendant ce temps, les Mages Esclaves fomentent leur revanche contre celui qui les a humiliés et croit avoir échappé à leur châtiment: un certain Locke Lamora.
Mon avis :
C'est avec un grand plaisir que je me suis plongée dans ces nouvelles aventures des Salauds Gentilshommes.
Dans le premier tome : Les mensonges de Locke Lamora, ils évoluaient dans la grande cité de Camorr. Leurs différentes mésaventures les ont contraint à quitter rapidement la ville. Nous les retrouvons donc dans la cité-Etat de Tal Verrar. Jean et Locke ont repris leurs bonnes vieilles habitudes et prennent toujours autant de plaisir à délester les bourgeois de leurs richesses.
Mais bien entendu, rien ne passe comme prévu. C'est une habitude chez eux !
Dans ce deuxième tome, nos deux compères vont quitter la terre ferme et se retrouver embarqué dans la piraterie. Flibustiers, corsaires, rengainez vos épées et vos sabres ! les salauds gentilshommes vont donner un grand coup de balai dans les codes de l'abordage !!!
La mer n'est pas leur élément mais nos deux amis savent s'adapter. Et puis les pirates sont un peu comme eux : des voleurs...
On reste toujours dans un univers d'heroic fantasy, différent du premier tome. Les décors sont moins grandioses et les personnages pittoresques. Le plaisir n'en est pas moins présent. On est embarqué dans une aventure marine haute en couleurs.
Les dialogues sont travaillés et les réparties sont plus caustiques et très drôles.
Locke Lamora et Jean Tannen nous entrainent encore une fois dans une aventure rocambolesque, drôle et divertissante. Ils sont malmenés pour notre plus grand plaisir et en plus ils en redemandent.
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dimanche 16 octobre 2011
PARADOXIA : JOURNAL D'UNE PREDATRICE, Lydia Lunch
Résumé Éditeur :
"Innocents, coupables, victimes, agresseurs : un seul corps. Tout en elle. Campée sur ses deux jambes, elle écrit comme elle est : elle cogne, et ça fait un bien fou.[...] Ce qui est extraordinaire, ce n'est pas l'inceste, la prise de risque, les assassins, les grandes villes la nuit quand on est une petite lascive d'à peine 15 ans, l'argent volé et les drogues dures, la vitesse et les baises animales. C'est ce qu'elle en a fait. Paradoxia."
Virginie Despentes
Mon avis :
Lydia Lunch est une auteure qui provoque, qui choque mais qui se raconte. Paradoxia : journal d'une prédatrice est une autobiographie trashy qui retrace la vie chaotique, rythmée par les drogues, l'alcool et le sexe de Lydia, cette jeune femme qui fut brisée dès l'enfance par un père incestueux.
En quête de la réappropriation de son corps et de son âme, elle se jette dans les affres déstructeurs des paradis artificiels et d'une vie de débauche. Comme une boulimique qui mange à outrance, Lydia Lunch a tenté de nourrir un besoin extrême enfoui au fond de ses entrailles. Le sexe répondait fatalement à la soif de possession qu'elle avait forgée en elle et l'abus de drogues et d'alcool posait momentanément un baume sur la blessure profonde de son âme. En descendant aux tréfonds des enfers, elle pensait pouvoir se trouver, mais en réalité elle n'a fait que s'y perdre encore plus. Comment se construire normalement lorsqu'un adulte vous vole votre innocence ?
Au Diable Vauvert a réédité cette autobiographie de Lydia Lunch qui est parue en France la première fois en 1999. Sa couverture est plus accrocheuse.. Elle interpelle un public averti et représente visuellement un contenu des plus explicite. Ce livre est bien entendu à ne pas mettre entre toutes les mains car son axe est très cru. L'auteure a ri de certains critiques qui ont qualifiés son livre de récit pornographique et sans intérêt. Je concède que la pornographie est un terme que l'on peut employer en parlant des scènes de "baise" que Lydia Lunch décrit dans leurs détails les plus sordides. J'ai moi même eu parfois envie de passer certains passages très salaces aux limites de l’écœurement mais ils font partis de l'histoire de Lydia. Pour faire comprendre dans quel état d'esprit elle se trouvait, elle doit choquer, elle doit marquer profondément le lecteur. C'est justement cette force de caractère et cette violence en elle, qui après l'avoir entrainer au fond du gouffre, lui ont permis de canaliser sa souffrance en la couchant sur le papier.
Son écriture est donc sans concession ni tabou. Lydia Lunch donne au public, sans pudeur ni faux semblants, sa vie et son âme. Entre ces lignes provocatrices et pleines de hargne, on découvre une femme détruite qui tente de s'accrocher à la vie. Elle est forte et courageuse même si elle n'a que de la violence et de la douleur en elle, sa soif de vivre reste la plus forte.
C'est donc un livre qui se lit difficilement mais qui doit se lire entre les lignes.
Je remercie Babelio et Au Diable Vauvert pour m'avoir envoyé Paradoxia : journal d'une prédatrice de Lydia Lunch pour l' Opération Masse Critique.
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