présentation

La littérature n'a pas d'autre destination ni d'autre destin que d'appartenir à toute l'humanité. Ben Okri.

dimanche 23 octobre 2011

FREEDOM, Jonathan Franzen




Résumé Editeur : 
Patty a décidé une fois pour toutes d'être la femme idéale. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse ayant un faible pour les bad boys a fait, en l'épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). A eux deux, ils forment le couple « bobo » par excellence. En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à bien des choses, et d'abord à son amour de jeunesse, Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter. Freedom raconte l'histoire de ce trio, et capture le climat émotionnel, politique et moral des Etats-Unis de ces 30 dernières années, dans une tragi-comédie d'une incroyable virtuosité. Comment vivre ? Comment s'orienter dans une époque qui semble devenue folle ? Jonathan Franzen relève le défi et tente de répondre à cette question, avec cette histoire d'un mariage d'une implacable cruauté.


Mon avis :
Ne connaissant Jonathan Franzen que de nom, c'est dans un esprit de découverte que j'ai choisi de lire Freedom. Une couverture et un titre très accrocheurs sont déjà un bon début. Le résumé donne un aperçu concis du chemin que va prendre l'histoire. Donc je suis assez confiante

On débute avec la présentation des Berglund, famille américaine pas aussi parfaite qu'elle le souhaiterait. Des désaccords familiaux, des querelles de voisinage, des compétitions sociales stériles, des regrets personnels... Bref, une famille comme tant d'autres. Patty rêvait d'être la femme idéale mais son départ dans la vie d'adulte s'est fait sur des mauvais choix. Elle aimait Richard mais elle a épousé Walter. Pourquoi ? la sécurité, le confort, la facilité ? Rejetant la raison de son malaise sur l'éducation qu'elle a reçu, elle tente d'être plus proche de ses enfants mais commet erreur sur erreur. Et sa "vie parfaite" se transforme peu à peu en chaos.
Jonathan Franzen dépeint dans ce roman une société moderne en déclin perpétuel. Sur trois décennies, il retrace les erreurs d'une humanité en quête de chimères. Le monde devient fou. Perfection, gloire, pouvoir...sont les mots clefs d'une société qui se brûle fatalement les ailes.

Freedom aurait pu être un excellent roman seulement sa complexité étouffe peu à peu le lecteur. L'auteur fait un travail remarquable sur les personnages, certes. Des personnalités différentes où chacun de nous peut trouver un écho mais il ajoute à cela trop de problématiques. Le lecteur finit par faire une indigestion.
Il est vrai que la société capitaliste est très complexe, en parler peu devenir rapidement un maelstrom.

Bref, je n'ai pas aimé, même si les personnages m'ont poussés à continuer la lecture jusqu'au bout.
Comme dit l'adage "Trop de trop, tue le trop". Et malgré une écriture magnifique, je n'ai pas réussi à entrer dans ce roman. J'ai vite perdu pied et j'ai peiné à le finir. Plus de simplicité et de structure aurait fait de Freedom un livre magnifique.


mardi 18 octobre 2011

LE SIXIEME COMMANDEMENT, William Muir



Résumé Éditeur :


" Vous avez bel et bien voté il y a deux ans au référendum concernant la peine de mort. Vous avez voté en sa faveur et vous saviez que vous pourriez à un moment quelconque être appelé à intervenir au cas où une exécution aurait lieu."
Jusqu'à ce qu'il soit convoqué au ministère de la Justice, William Riley menait une vie tranquille, sans grand intérêt : il s'occupait de sa fille un week-end sur deux, allait au pub avec son meilleur ami, faisait des rencontres d'une nuit...Et soudain, coup de tonnerre : il doit participer à la pendaison d'un meurtrier ! Riley, pour la première fois de sa vie, va devoir affronter les conséquences de ses actes.

Mon avis :

Lorsque Livraddict a proposé ce livre en partenariat avec les Editions Folio, J'ai tout de suite été attirée par le sujet traité : la peine de mort.
Il fallait absolument que je lise ce premier roman de William Muir.
Dès les premières phrases, on entre dans la vie de William Riley, un homme divorcé, vivant une vie de père en  alternance. Son quotidien est tranquille, sans grand bouleversement. Il sort, il fait des rencontres sans lendemain et il tente de garder un lien avec sa petite fille. Bref, un homme sans histoire. Un matin , il ouvre une lettre qui va changer sa vie. Elle est envoyée par le Ministère de la Justice. Ayant, deux ans auparavant, participé au référendum sur la réhabilitation de la peine de mort, il est aujourd'hui contraint, par tirage au sort, de s'impliquer dans la prochaine exécution qui aura lieu sous peu.
Riley prend soudain conscience de ce qu'implique son vote : il doit tuer un homme. Coupable certes, mais un Homme !
Riley s'y refuse, il ne peut pas faire une chose pareille ! Pourtant, il fait parti de cette majorité qui était favorable à la réhabilitation de la peine capitale. Il doit aujourd'hui assumer ses actes.
Il va tenter par tous les moyens de se soustraire à cette lourde responsabilité ! Qu'un autre prenne sa place s'il le faut.
Mais le jour fatidique approche et Riley ne voit pas d'issue possible. Comment va-t-il vivre après ça ?

William Muir a choisi pour son premier roman, un thème très controversé. Aujourd'hui encore, les avis se divisent. Il prend en revanche le parti d'en parler par le biais d'un roman policier. L'ambiance y est un peu plus légère et reste dans le domaine rassurant de l'imaginaire. Il ne fait pas de plaidoyer pour ou contre. Il donne juste matière à réfléchir sur la question. A quoi et à qui sert la peine de mort ?
Il implique le citoyen lambda ( pas si "lambda" que çà, mais vous le découvrirez en lisant le livre ) dans un choix lourd de conséquences. La Justice et les Hommes ont-ils le pouvoir de vie et de mort  même en justifiant leur acte par une loi ?
Que l'on soit pour ou contre, il est important de peser les tenants et les aboutissants de son choix. Riley, lui, n'a pas réfléchi lors de son vote, il a suivi la majorité. Il n'a pas pensé qu'il serait un jour le bourreau.
Une rencontre entre Riley et sa "victime" a lieu en prison. On découvre que les deux hommes ne sont pas si différents. Hugues, condamné pour le viol et le meurtre de l'une de ses anciennes élèves était aussi un homme sans histoire avant de commettre l'irréparable. Ils ont été tout deux irresponsables et aujourd'hui, ils sont réunis pour assumer leurs propres actes responsables.
"Tu ne tueras point", une phrase si simple mais si forte de sens. Est ce que Riley et ses concitoyens valent mieux que Hugues et tous les criminels que la société veut faire disparaitre. A méditer !

Le sixième commandement manque un peu de profondeur sur le thème choisi  mais il est vraiment très intéressant à lire et donne immanquablement envie d'en savoir un peu plus sur la peine de mort. Pourquoi certaines nations ont fait le choix de l'abolir et d'autres non ? Comment rendre justice équitablement ? Comment atténuer justement la douleur des familles de victimes ? Que faire pour rendre nos rues plus sûres? Etc... De nombreuses interrogations nous viennent après la lecture.

Je remercie chaleureusement Livraddict et Folio/Policier pour ce partenariat qui a éveillé ma curiosité.



Le sixième commandement
Critiques et infos sur Babelio.com

dimanche 16 octobre 2011

PARADOXIA : JOURNAL D'UNE PREDATRICE, Lydia Lunch



Résumé Éditeur : 

"Innocents, coupables, victimes, agresseurs : un seul corps. Tout en elle. Campée sur ses deux jambes, elle écrit comme elle est : elle cogne, et ça fait un bien fou.[...] Ce qui est extraordinaire, ce n'est pas l'inceste, la prise de risque, les assassins, les grandes villes la nuit quand on est une petite lascive d'à peine 15 ans, l'argent volé et les drogues dures, la vitesse et les baises animales. C'est ce qu'elle en a fait. Paradoxia."
Virginie Despentes

 Mon avis :

Lydia Lunch est une auteure qui provoque, qui choque mais qui se raconte. Paradoxia : journal d'une prédatrice est une autobiographie trashy qui retrace la vie chaotique, rythmée par les drogues, l'alcool et le sexe de Lydia, cette jeune femme qui fut brisée dès l'enfance par un père incestueux.
En quête de la réappropriation de son corps et de son âme, elle se jette dans les affres déstructeurs des paradis artificiels et d'une vie de débauche. Comme une boulimique qui mange à outrance, Lydia Lunch a tenté de nourrir un besoin extrême enfoui au fond de ses entrailles. Le sexe répondait fatalement à la soif de possession qu'elle avait forgée en elle et l'abus de drogues et d'alcool posait momentanément un baume sur la blessure profonde de son âme. En descendant aux tréfonds des enfers, elle pensait pouvoir se trouver, mais en réalité elle n'a fait que s'y perdre encore plus. Comment se construire normalement lorsqu'un adulte vous vole votre innocence ?
Au Diable Vauvert a réédité cette autobiographie de Lydia Lunch qui est parue en France la première fois en 1999. Sa couverture est plus accrocheuse.. Elle interpelle un public averti et représente visuellement un contenu des plus explicite. Ce livre est bien entendu à ne pas mettre entre toutes les mains car son axe est très cru. L'auteure a ri de certains critiques qui ont qualifiés son livre de récit pornographique et sans intérêt. Je concède que la pornographie est un terme que l'on peut employer en parlant des scènes de "baise" que Lydia Lunch décrit dans leurs détails les plus sordides. J'ai moi même eu parfois envie de passer certains passages très salaces aux limites de l’écœurement mais ils font partis de l'histoire de Lydia. Pour faire comprendre dans quel état d'esprit elle se trouvait, elle doit choquer, elle doit marquer profondément le lecteur. C'est justement cette force de caractère et cette violence en elle, qui après l'avoir entrainer au fond du gouffre, lui ont permis de canaliser sa souffrance en la couchant sur le papier.
Son écriture est donc sans concession ni tabou. Lydia Lunch donne au public, sans pudeur ni faux semblants, sa vie et son âme.  Entre ces lignes provocatrices et pleines de hargne, on découvre une femme détruite qui tente de s'accrocher à la vie. Elle est forte et courageuse  même si elle n'a que de la violence et de la douleur en elle, sa soif de vivre reste la plus forte.
C'est donc un livre qui se lit difficilement mais qui doit se lire entre les lignes.

Je remercie Babelio et Au Diable Vauvert pour m'avoir envoyé Paradoxia : journal d'une prédatrice de Lydia Lunch pour l' Opération Masse Critique.



samedi 15 octobre 2011

CETTE NUIT-LA, Linwood Barclay



Résumé Éditeur :

"Vous vous réveillez un matin, la maison est vide, votre famille a disparu..."
Cynthia a quatorze ans. Elle a fait le mur pour la première fois, telle une adolescente rebelle devant l'autorité familiale. Sauf que, le lendemain, plus aucune trace des ses parents et de son petit frère. Et aucun indice. Vingt-cinq ans plus tard, elle n'en sait toujours pas davantage. Jusqu'à ce qu'un coup de téléphone fasse ressurgir le passé... Une intrigue magistrale qui se joue de nos angoisses les plus profondes.

Mon avis : 


Je cherchais un thriller qui sorte de l'ordinaire.Je voulais découvrir une autre façon d'appréhender l'angoisse, loin des classiques souvent utilisés dans le genre : tueur fou, crimes atroces, chasse à l'homme...
Le résumé de cette nuit-là propose une intrigue basée sur une disparition encore non élucidée, une victime vivante dans l'incompréhension la plus totale et un passé qui ressurgit deux décennies après le drame. Mais où veut nous emmener l'auteur ? Originalité ou banalité ?
La première question que l'on se pose est simple : " mais que c'est-il passé cette nuit-là ?" Dès l'introduction qui retrace dans les grandes lignes les derniers instants en famille de Cynthia et sa découverte tragique de la disparition de ses parents et son frère, l'auteur place le lecteur au côté de cette jeune adolescente qui voit sa vie basculer dans le drame. Il nous met face à une situation des plus étranges et nous laisse gamberger sur toutes les hypothèses possibles : abandon, meurtre gratuit, disparition inexpliquée, drame familial...tout est possible. Tout au long de la lecture, auprès d'une Cynthia adulte, vivant dans l'incertitude et dans l'angoisse permanente, il faut faire avec la gêne exquise de l'incompréhension. On ne sait rien ! Qui, Quoi, Comment, Pourquoi ? reviennent sans cesse titiller l'esprit.
Jusqu'au moment où la situation s'élargit doucement et laisse entrevoir la réalité. Pas à pas, les pièces du puzzle se mettent en place, on découvre, on devine, on apprend, et le scénario de cette fameuse nuit prend tout son sens. Là encore, l'originalité est de mise. L'histoire de cette disparition laisse pantois.

Bref, l'auteur offre à ses lecteurs une intrigue originale et magistrale. Il joue avec nos nerfs et ceux de ses personnages pour nous dresser un scénario des plus machiavélique.

Ce roman a été lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres" organisé par Calypso et le mot de cette session est "nuit".



mardi 11 octobre 2011

ALEX, Pierre Lemaitre



Résumé Editeur :

Qui connait vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ?
Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.
Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.


Mon avis :

Pierre Lemaitre est devenu en quatre romans, un incontournable dans le monde du thriller. Son écriture épurée et incisive offre aux lecteurs un moment de lecture agréable. Dans ses livres, tout se joue sur la tension qui se tisse autour des personnages et sur l'angoisse toujours grandissante des situations.
Ce roman ne déroge pas à la règle.
Alex est une jeune femme de 35 ans. Elle est belle et attire souvent le regard avide des hommes qu'elle croise. Un soir, elle se fait tabasser et enlever en pleine rue. Malgré des témoins, Alex disparait.
Camille Verhoeven est sollicité, ainsi que son ancienne équipe, pour la retrouver.
Mais ce qui s'avère en apparence être un simple rapt sexuel, se transforme vite en une histoire plus sombre et bien plus complexe.
L'histoire se compose en trois parties : l'enlèvement d'Alex, la fuite d'Alex et la découverte d'Alex.
Les rôles s'inversent, se mêlent, bourreaux, victimes, coupables...mais que ce passe-t-il vraiment ?
Camille est confronté a une enquête des plus épineuse. Lui qui pensait chercher une jeune femme innocente, se retrouve sur une route semée de morts. Mais qui est Alex ?
Tout l'art de l'auteur réside dans la diabolique mise en scène. A chaque fin de partie, le lecteur se retrouve face à de nouvelles interrogations. Ses certitudes et ses convictions sont mises à mal et il ne comprend plus rien.
De plus, la psychologie des personnages prend une place importante dans l'ambiance de ce roman. Nous faisons face à une victime déterminée et méthodique dans ses gestes et un enquêteur brisé par un passé que cette histoire vient raviver fortement. Ils sont, tour à tour, attachants et détestables, judicieux et maladroits...bref on en perd un peu la boule.
 
Pierre Lemaitre est vraiment très doué pour tenir son public en haleine jusqu'à la dernière ligne.

Je n'en dirais pas plus car je ne veux pas vous gacher le plaisir de déguster ce thriller français très ambitieux.
Et n'oubliez jamais : on ne connait personne parfaitement. Tout le monde a des secrets et des horreurs cachés aux fonds de ses tiroirs....

Parce qu' Alex a été lu dans le cadre d'une lecture commune, voici les avis des autres lecteurs : Joyeux-Drille, Cracklou, Louve, Kactusss, Lamalal', Taylor.








Alex
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